L'Iran a récemment présenté aux États-Unis une proposition inédite pour renouer les discussions visant à mettre fin à la guerre, a rapporté vendredi l'agence d'État iranienne IRNA. Cette initiative survient alors que le détroit d'Ormuz, zone stratégique pour le transit mondial de pétrole, reste bloqué.
Un cessez-le-feu a été instauré le 8 avril, après près de quarante jours de bombardements israélo-américains sur l'Iran et des représailles de Téhéran, mais les tensions persistent sous diverses formes. Les États-Unis ont imposé un blocus maritime en réponse à la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % des hydrocarbures mondiaux.
Selon IRNA, la République islamique a remis jeudi son offre à Islamabad, qui agit en tant que médiateur dans les discussions avec Washington. Peu d'informations ont été divulguées concernant le contenu de cette nouvelle proposition.
Islamabad s'est engagé à relancer le dialogue après des discussions initiales infructueuses le 11 avril.
Le président américain Donald Trump, qui avait rejeté une offre précédente, a averti que l'Iran « ferait bien de devenir intelligent rapidement ». Il a mentionné la possibilité d'une prolongation du blocus, qui pourrait durer plusieurs mois selon des responsables de la Maison Blanche.
Bien que Trump ait jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre les hostilités, son administration pourrait choisir d'ignorer cette exigence, les démocrates étant incapables de s'y opposer efficacement.
Face à ces menaces, Téhéran reste ferme. Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a affirmé vendredi que l'Iran n'avait jamais refusé de négocier, mais qu'il n'accepterait pas des politiques imposées par l'extérieur.
Il a également souligné que les États-Unis n'avaient « rien obtenu » de cette guerre.
Dans le contexte d'un conflit prolongé, les prix du pétrole ont atteint des sommets inquiétants, le Brent ayant brièvement franchi les 126 dollars, un niveau record depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce prix a légèrement baissé, se maintenant autour de 112 dollars.
Ce conflit a causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et continue d'impacter l'économie mondiale. Fatih Birol, directeur de l'Agence internationale de l'énergie, a déclaré que le monde était confronté à « la crise énergétique la plus grave de son histoire ».
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a également exprimé son inquiétude face à la paralysie économique mondiale causée par les tensions dans cette région vitale.
Bien que le cessez-le-feu ait permis une certaine normalité temporaire, les Iraniens subissent l'effet d'une inflation galopante et d'un chômage élevé, aggravé par des décennies de sanctions internationales. "Pour beaucoup d’entre nous, payer le loyer ou se nourrir devient un défi presque insurmontable", a déclaré Mahyar, un jeune de 28 ans interrogé par un journaliste de l'AFP à Paris. "Mon entreprise a licencié près de 40 % de son personnel."
Shahin Nampoor, un étudiant de 18 ans, a ajouté que la guerre avait multiplié les prix par dix, rendant quasiment tout inabordable.
Au Liban, de nouvelles frappes israéliennes dans le sud du pays ont causé au moins dix-sept morts jeudi. L'ambassade américaine à Beyrouth a proposé un entretien entre le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le Liban étant à un « tournant » critique.
Les attaques israéliennes contre le Hezbollah, soutenu par l'Iran, ont fait plus de 2 500 morts et provoqué plus d'un million de déplacés depuis le début des hostilités en mars, selon les autorités libanaises.







