Lors d'une récente réunion, Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, a exhorté les pays à conclure un accord essentiel sur le partage des agents pathogènes et des produits de santé. Ce consensus est nécessaire pour que le traité sur les pandémies adopté l'an dernier puisse entrer en vigueur. "Nous ne pouvons pas laisser passer cette opportunité d'améliorer notre préparation pour les futures crises sanitaires," a déclaré Ghebreyesus, appelant à l'unité lors des négociations en cours au siège de l'OMS.
Après plusieurs années de discussions fructueuses post-Covid, les États membres ont convenu en mai 2025 d'un traité pour gérer les pandémies. Toutefois, l'élément central du dispositif, connu sous le nom de PABS (Partnership for Access to Biologicals), reste à établir, visant à garantir un partage rapide et juste des pathogènes, des données génétiques et des produits associés, tels que les vaccins. L'objectif est de finaliser ce mécanisme avant la prochaine assemblée générale de l'OMS prévue pour mai.
Les enjeux du système PABS
Sylvie Briand, scientifique en chef à l’OMS, souligne la complexité des négociations. "Les pays en développement montrent une certaine réticence, craignant de partager leurs ressources sans garanties d'accès équitable aux vaccins en temps de crise," explique-t-elle. Parallèlement, les nations plus développées s'interrogent sur la capacité de l'industrie pharmaceutique à soutenir un accord durable, sans une promesse de retour sur investissement.
Jean Karydakis, diplomate brésilien à Genève, indique que malgré les efforts de flexibilité de l'Union européenne, des désaccords subsistent. Le traité stipule que chaque laboratoire participant devrait garantir un accès rapide à 20 % de sa production en cas de pandémie, dont une partie sous forme de dons. Les modalités restent à définir, notamment les contributions et l'accès aux données.
Positions divergentes entre les États
Un diplomate occidental rappelle que ce mécanisme est essentiel pour les pays africains, bien que certains pays en développement aient formulé des demandes jugées excessives. Les désaccords persistent sur l'usage des outils de santé en dehors des périodes pandémiques. K.M. Gopakumar, chercheur au Third World Network, souligne que ces nations militent pour des engagements juridiques immédiats concernant le partage des avantages lors de l'accès aux données pathogènes.
Par ailleurs, des ONG comme Médecins sans frontières évoquent un manque de confiance envers le système, citant les précédents des épidémies d'Ebola, où les traitements développés à partir d'échantillons africains n'ont pas été accessibles aux populations directement touchées.







