La France, sous l'égide de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a ouvert les portes de son sommet environnemental du G7, accueillant des ministres de pays industrialisés et des partenaires globaux. Cependant, dans un souci d'harmonisation, la question climatique a été soigneusement évitée, une démarche destinée à ne pas contrarier les États-Unis.
Monique Barbut a déclaré : « La protection de l’environnement n’est plus la priorité internationale. » Dans son discours inaugural, elle a souligné l'importance de l'action collective face à la crise environnementale et la responsabilité particulière du G7, formé de sept des économies les plus influentes au monde. Ce groupe inclut le Canada, la France, l'Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Les discussions se concentreront sur cinq axes principaux : le financement de la biodiversité, la préservation des océans, la sécurité des ressources en eau, la relation entre désertification et sécurité, ainsi que la résilience des territoires. Toutefois, des sujets brûlants comme la croissance continue des émissions de gaz à effet de serre et le retrait des énergies fossiles ont été mis de côté. Selon Gaïa Febvre du Réseau Action Climat, cette décision est profondément regrettable : "Un G7 qui ignore le climat ne peut prétendre répondre aux crises du siècle. Ces choix ne font qu'affaiblir l'action collective."
Par ailleurs, il a été signalé que la France ne souhaitait pas froisser ses partenaires américains, devenant ainsi un climat politique privilégié pour assurer l'unité. "Privilégier l’unité du G7 a été notre objectif principal," a indiqué l'entourage de la ministre, soucieux de maintenir l'harmonie avant le sommet des chefs d’État prévu en juin à Évian, dirigé par Emmanuel Macron.
Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, avaient déjà pris du recul en matière d'écologie, et cela se reflète dans la composition de la délégation américaine, dirigée par Usha-Maria Turner, connue pour ses positions climatosceptiques.
Malgré ces réserves, la France se concentre sur son plan de "financement de la nature et des peuples", espérant mobiliser jusqu'à 800 millions de dollars pour des parcs naturels en Afrique. Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, met toutefois en garde : "Ces financements doivent être réellement additionnels et ne doivent pas servir de prétexte à un désengagement parallel des États." Au fil de ces deux jours de discussions, le sommet vise également à formuler une déclaration politique sur la désertification et la sécurité alimentaire, tout en lançant une alliance pour les aires marines protégées.







