“La clameur monte”, confie le New Statesman. Que cela soit sur les bancs de l’opposition, dans les colonnes de la presse conservatrice ou même au sein des ministères, l’avis est unanime : “Keir Starmer ne fait pas le boulot. Il est incapable de faire le boulot.” Tom McTague, un observateur avisé, ajoute : “L’un des privilèges de mon poste est que je parle à tout le monde : députés, ministres, conseillers, fonctionnaires. Tous me répètent la même chose.”

Le scandale entourant la nomination de Peter Mandelson, proche de Jeffrey Epstein, au poste d’ambassadeur à Washington, ne fait qu'accentuer une série de revers pour Starmer en moins de deux ans à la tête du gouvernement. “Il apparaît clair que Starmer est arrivé à Downing Street sans feuille de route”, déclare McTague.

“Fondamentalement, il ne pensait pas en avoir besoin, du moins sur le plan idéologique. Son gouvernement se voulait différent en se montrant plus sérieux et professionnel.”

En manquant de clarté sur son orientation politique, Starmer permet à son mandat de se détériorer. Depuis les élections de juillet 2024, il a effectué des revirements sur plusieurs sujets, contribuant à un effondrement de sa cote de popularité.

Le risque du coup fatal

“En l’absence d’une mission claire, des luttes de pouvoirs se sont installées dans les couloirs de Downing Street,” déclare McTague. En effet, l’ancien procureur de 63 ans a dû se séparer de son directeur de cabinet ainsi que d’un haut fonctionnaire, dans le cadre de l’affaire Mandelson, dans une tentative de préserver son poste.

“Une source gouvernementale me confiait que Starmer prenait des traits de Boris Johnson, le leader qu’il critiquait tant. Ses réflexions morales ne sont pas que façade. Il commet des erreurs tout en demandant à autrui de supporter les conséquences.”

Désormais, le Premier ministre se trouve “tout seul”, comme le mentionne le New Statesman dans son édition du 24 avril. Dans les coulisses, les luttes de pouvoir au sein du Labour se intensifient. L’aile gauche modérée, représentée par des figures comme le maire de Manchester, Andy Burnham, et l’ancienne vice-Première ministre, Angela Rayner, se montre de plus en plus combative. “Tous attendent le bon moment, rappelant une leçon historique : celui qui donne le coup fatal ne devient rarement le roi.”