Coupable, notamment, de ne pas soutenir l'intervention militaire en Iran, le pape Léon XIV fait désormais partie des cibles des critiques acerbes du président américain. Un mois et demi après avoir lancé son offensive contre les autorités iraniennes, Trump ouvre un nouveau front : celui du Vatican. C'est avec des mots, comme il a l'habitude, que Trump désigne le pape comme "faible" et "dénsastreux", illustrant ainsi la détérioration de leurs relations.
Le président américain a longtemps gardé une certaine réserve à l'égard de la papauté, bien que son opinion sur le pape François, souvent perçu par ses partisans MAGA comme un “communiste”, le laissait en effet méfiant. Cependant, il n'avait pas embrayé sur les critiques les plus virulentes de ses supporters, qui l'accusaient d'incarner un âge d'or du progressisme.
Avec l'élévation de Léon XIV, le climat se dégrade lorsque ce dernier souligne, en 2025, que la politique migratoire américaine est « extrêmement irrespectueuse » de la dignité humaine. Depuis, les relations se sont envenimées avec l'intervention militaire au Venezuela, que le Vatican a dénoncée comme une atteinte au droit international, selon des sources comme le Washington Post.
Cette tension s’est intensifiée au fil du temps, culminant avec la référence du nonce apostolique à Washington, le cardinal Christophe Pierre, qui a été convoqué au Pentagone, où des remarques menaçantes ont été rapportées. La position américaine sur ce dossier renvoie à une époque troublée, celle de la papauté d'Avignon.
Dieu ne bénit aucune guerre
En déplorant l'impasse en Iran, Léon XIV a dénoncé les justifications religieuses avancées par le gouvernement Trump pour justifier la guerre. Lors des conflits en cours, il a déclaré que "Dieu ne bénit aucune guerre", rejoignant les appels des opposants américains à l'égard de cette escalade militaire. Le président a répliqué par des menaces d'anéantissement à l'égard de l'Iran, tout en arguant qu'un pape qui critiquait ses politiques était un papier qu'il ne pouvait accepter.
Le 13 avril, Trump a réagi sur Truth Social, s'en prenant frontalement à Léon XIV, le qualifiant de "faible face au crime" et "déstabilisant en politique étrangère". Ce conflit d'idées est perçu comme un risque électoral pour Trump, qui pourrait s'aliéner une partie de l'électorat chrétien.
Le vice-président JD Vance, bien que reconnaissant le respect qu'il porte à la papauté, a également pris le parti du président, soulignant que le pape devrait s'en tenir à des questions morales, soulignant une rupture significative entre l'establishment catholique et la sphère trumpiste.
Face à ces tensions, Léon XIV a affirmé qu'il n'avait pas peur d'affronter l'administration Trump, réaffirmant dans un vol vers l'Algérie qu'il n'entreprendrait pas de débat avec le président. Néanmoins, la confrontation entre le Vatican et Washington semble inévitable, tant leurs visions du monde s'opposent, comme l'a souligné le pape en prenant position sur des questions éthiques.
Au fond, le désaccord entre Donald Trump et Léon XIV transcende les simples questions de politique, illustrant des divergences morales essentielles. Les valeurs américaines de pouvoir dominé par la force et l'indifférence à la vérité se heurtent aux principes fondamentaux de la dignité humaine et de la justice, ancrés dans la tradition catholique. Cette fracture pourrait bien perdurer bien au-delà des crises actuelles.







