Quatre migrants ont tragiquement trouvé la mort le jeudi 9 avril lors d'une tentative de traversée clandestine de la Manche à Équihen-Plage, dans le Pas-de-Calais. Emportées par les courants alors qu'ils tentaient de rejoindre un taxi boat, ces victimes représentent un nouvel épisode du drame humain qui se déroule sur ce littoral.
Ce malheureux incident, qui constitue le deuxième drame migratoire en l'espace de dix jours, a été confirmé par le préfet du département, François-Xavier Lauch, qui a indiqué que les quatre personnes étaient « emportées » par les courants puissants de la mer. La procureure de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier, a précisé que l'identité des victimes n'était pas encore connue et que les corps retrouvés étaient ceux d'adultes.
Les premières investigations révèlent que les « taxi-boats », utilisés par des passeurs pour éviter les forces de sécurité, font de cette traversée une route particulièrement périlleuse. Les passeurs récupèrent des candidats à l'exil directement dans l'eau, exacerbant ainsi les risques encourus.
Au cours de cet incident, une personne a été secourue en état d'hypothermie et 37 autres ont été prises en charge par les secours. Cependant, le taxi boat impliqué aurait poursuivi son chemin avec une trentaine de personnes à son bord, ce qui a d'ores et déjà conduit à l'ouverture d'une enquête par le parquet, en collaboration avec la gendarmerie maritime et l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim).
Cécile Gressier a également souligné l'aspect criminel de ces pratiques, déclarant que ces organisations exploitent la détresse des migrants souhaitant atteindre l'Angleterre. « C'est le cœur de notre action que de démanteler ces réseaux de passeurs », a précisé le préfet, insistant sur le fait que les gendarmes n'étaient pas intervenus pour empêcher le départ du taxi boat.
Deuxième drame de l'année
Le maire d’Équihen-Plage, Christian Fourcroy, a rapporté que ce drame s'est produit peu après 7 heures du matin, entraînant un vaste déploiement de secours. Au matin, plusieurs dizaines de migrants, certains munis de couvertures de survie, ont été transférés vers un centre d'accueil.
Ce drame fait écho à un incident similaire survenu le 1er avril, lorsque deux migrants avaient également perdu la vie près de Gravelines, tandis qu'en 2025, au moins 29 migrants ont péri en mer, selon un comptage de l'AFP.
Depuis le début de l'année, près de 5 000 migrants ont tenté de rejoindre l'Angleterre en utilisant ces embarcations dangereuses, amplifiant les tensions entre Paris et Londres sur cette question migratoire. Face à cette crise, la France a modifié sa doctrine d'intervention fin 2023 pour permettre des interceptions maritimes des taxi boats, mais ces actions restent rares en raison des circonstances qui doivent être réunies pour éviter de compromettre la vie humaine.







