Le père Alain Pressac, âgé de 61 ans, a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel d'Orléans à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, en raison d'une agression sexuelle sur un adolescent de 15 ans survenue en 2012. Il était également accusé de détention d'images pédopornographiques.
Cette affaire, jusque-là peu médiatisée, a débuté lorsque le père Pressac, qui avait passé plusieurs années dans la paroisse de l'Argonne à Orléans, a comparu au tribunal pour agression sexuelle sur mineur et détention d'images pédopornographiques. À l’époque des faits, il venait d'être déplacé de l'Eure-et-Loir après avoir été dénoncé pour avoir fréquenté des sites de rencontres homosexuelles. Le diocèse de Chartres l’a alors affecté à Orléans, où il se formait à la profession d'aide-soignant. "J'étais alors dépendant de ces sites", a-t-il admis, tandis qu'il résidait dans un logement situé au presbytère de l'église Jeanne d'Arc.
Une agression commise dans son logement au presbytère
Le 8 mai 2012, un jeune ami du prêtre amène un adolescent de 15 ans qu'il avait rencontré en ligne. Les deux jeunes hommes entreprennent une relation sexuelle dans le lit du prêtre. Ce dernier, bien que restant en retrait au début, a ensuite pris part aux ébats, pratiquant une fellation sur le garçon de 15 ans. "Il n'était pas question d'un plan à trois", a déclaré Nicolas, la victime, aujourd'hui âgée de 29 ans. "J'ai ressenti de la peur et du dégoût face à cet homme plus âgé. C’est un traumatisme qui perdure."
Durant plusieurs années, la victime a gardé le silence, redoutant la réaction d'un homme d'Église. Ce n'est qu'en 2017, lors d'une rencontre fortuite avec le père Pressac au baptême de sa nièce, que des souvenirs douloureux sont revenus. "Il fallait l'arrêter, il ne pouvait plus continuer à mentir", a-t-il déclaré. Nicolas a alors écrit au diocèse d'Orléans, mais la lettre est restée sans réponse. Trois ans plus tard, il reconnaît le profil du prêtre sur un site de rencontres et saisit la cellule d'écoute du diocèse, qui a finalement signalé l'affaire à la justice.
"C'était une erreur, un malentendu", plaide le prêtre
Depuis 2021, Alain Pressac a été suspendu de ses fonctions et n'a plus le droit de célébrer de messes ni de recevoir des fidèles en confession. En ce qui concerne les accusations, il a soutenu qu'il s'agissait d'"une erreur" et a affirmé qu'il n'avait jamais voulu nuire à la victime. Son avocat, Maître Paul Denizot, a demandé au tribunal de considérer les faits dans leur contexte historique. "En 2014, les interactions sur des sites de rencontres gay manquaient souvent de communication", a-t-il déclaré. Cependant, la procureure a affirmé que l'absence de consentement était manifeste, rappelant que la fellation imposée est désormais définie comme un viol selon la loi.
Il devra porter un bracelet électronique durant un an
Le tribunal a suivi les recommandations du parquet et a condamné le père Pressac à quatre ans de prison, dont trois ans avec sursis. Il purgera sa peine sous bracelet électronique et sera interdit d'exercer toute profession en lien avec des mineurs pendant 10 ans. Il a indiqué avoir régulé sa sexualité grâce à des traitements. "J'essaie d'être fidèle et je consacre ma vie à Dieu", a-t-il affirmé. Le diocèse d'Orléans a également confirmé qu'une procédure canonique a été initiée depuis 2021, et que le prêtre avait été placé sous interdiction de tout ministère public en attendant la décision de la justice.







