Des milliers de personnes se sont rassemblées le 24 janvier à Paris pour soutenir la famille d'El Hacen Diarra, dont la mort en garde à vue suscite des craintes et des protestations. La foule d'environ 2.300 personnes, selon la préfecture de police, a convergé vers le foyer de travailleurs migrants où il résidait.
Un souvenir empreint de gentillesse
Sous une banderole portant la demande de "Justice", des membres de la famille d'El Hacen Diarra, vêtus de T-shirts noirs, expriment leur douleur palpable. Sa cousine, Diankou Sissoko, confie à l'AFP : "Ça fait très, très mal... Je ne crois pas qu'il y aura justice". Les blessures infligées par la police, dit-elle, laissent un sentiment d'impuissance face à un passé où d'autres victimes n'ont pas été entendues.
"Mon cousin était une personne gentille, souriante", raconte-t-elle.
Les images diffusées montrent El Hacen Diarra immobilisé, tandis que des agents le frappent. Ces faits sont actuellement examinés par la justice.
Une enquête est ouverte pour établir les circonstances de la mort, tandis que des analyses complémentaires à l'autopsie ont été ordonnées.
Une peur palpable dans la communauté
Des bougies et mots de condoléances ont été laissés à l'endroit où El Hacen Diarra a été appréhendé. "On n'est pas d'accord avec la violence policière", déclare Mamadou Dia, un résident sénégalais. La présence policière constante dans le quartier engendre un climat de défiance. Anne Baudonne, adjointe à la mairie, souligne : "Les policiers concernés sont toujours en service, ce qui suscite la peur parmi les habitants".
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a déclaré que les raisons de la mort d'El Hacen Diarra demeurent floues, promettant des explications des agents impliqués.
Le climat de méfiance se reflète également chez les habitants. Un éducateur de 29 ans s'indigne de la situation : "Si j'ai un problème, c'est à ces policiers que je dois faire appel".
Durant la manifestation, Assa Traoré, figure emblématique du mouvement contre les violences policières, lance un appel : "Si nous laissons passer pour El Hacen, il y aura de nombreux El Hacen". La réalité de la violence policière nécessite d'être documentée et partagée, afin d'éviter que d'autres vies ne soient perdues inutilement.







