La police catalane a lancé une enquête suite au vandalisme de plusieurs tombes juives dans un cimetière de Barcelone. Cet acte, qualifié de « haine » par le maire de la ville, suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté juive d'Espagne face à une montée préoccupante de l'antisémitisme.
Un représentant de la police a indiqué à l'AFP que plusieurs tombes avaient été abîmées dans la section juive du cimetière de Les Corts, bien qu'il n'ait pas précisé le nombre exact de dégradations. La Fédération des Communautés Juives d'Espagne (FCJE) a exprimé, dans un communiqué, sa profonde indignation face à ce qu'elle qualifie d'« acte antisémite inacceptable », appelant les autorités à agir avec la plus grande fermeté.
Un niveau d’antisémitisme « alarmant »
La FCJE relie ce vandalisme à une carte interactive auparavant diffusée par des activistes pro-palestiniens, qui mettait en lumière divers sites et commerces en lien avec la communauté juive d'Espagne. Bien que cette carte ait été retirée, les conséquences de sa diffusion semblent persistantes.
« Il est alarmant de voir que le niveau d'antisémitisme a clairement franchi un cap, passant des discours à des actes violents », confie un membre de la FCJE.
Le maire de Barcelone, Jaume Collboni, a exprimé sa révolte contre cette profanation dans un post sur les réseaux sociaux. Il a déclaré que « la haine n'a pas sa place dans une Barcelone ouverte et respectueuse » et a promis que tous les efforts seraient déployés pour appréhender les coupables.
Ce vandalisme intervient dans un contexte de tensions exacerbées en Espagne, notamment à la suite des récentes offensives militaires israéliennes à Gaza en réponse aux attaques du Hamas le 7 octobre 2023. Ce climat a engendré un large mouvement de solidarité envers les Palestiniens, marquant une intensification des manifestations et des boycotts ciblant Israël. Par exemple, en septembre, à Madrid, des militants ont perturbé la dernière étape du Tour d'Espagne en raison de la présence de l'équipe israélienne Israel-Premier Tech.
Aujourd'hui, la communauté juive en Espagne, qui compte environ 70 000 membres selon la FCJE, reste vigilant face à ces dérives inquiétantes.







