Plus de 300 personnes se sont réunies ce lundi 8 juin devant le palais de justice de Saint-Brieuc pour dénoncer les violences faites aux enfants, suite à la tragique disparition de Lyanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. Ce rassemblement à forte charge symbolique intervient alors que le principal suspect, Jérôme Barella, fait l'objet de nouvelles plaintes pour viol, déposées la semaine précédente.
Les parents d'une adolescente victime d'un viol parmi les participants
Parmi les participants se trouvait Nadia, une mère dont la fille a été victime de viol. Elle a partagé son propre parcours difficile : après avoir dénoncé un abus par un proche de la famille, sa fille a enduré quatre années de procédures judiciaires, qui ont abouti à un non-lieu au tribunal de Rennes.
« Le violeur n'a pas été inquiet, il mène sa vie pendant que notre fille lutte contre un syndrome post-traumatique depuis quatre ans », a-t-elle déclaré, exprimant sa colère face à la lenteur du système judiciaire français. « C'était une enfant innocente, et cet homme, à l'époque, était quelqu'un en qui nous avions confiance. »
Elle a parlé des difficultés rencontrées tout au long des démarches judiciaires, comme l'attente avant les interrogatoires et les confrontations traumatisantes avec le suspect. « Chaque rencontre avec les juges et avec le violeur a ravivé des traumatismes extrêmes pour notre enfant », a-t-elle poursuivi, déplorant qu’après tant de temps, ce soit finalement un non-lieu.
Nadia estime que l'affaire tragique de Lyanna met en lumière des lacunes systématiques dans le traitement des victimes. En découvrant la réalité du parcours judiciaire, elle a dit : « On comprend vraiment la lenteur du processus et l'absence de prise en charge adaptée. »
Elle souligne également que cette situation est particulièrement difficile pour les familles défavorisées, qui n'ont pas les moyens de se payer des soins psychologiques. « Nous avons les ressources nécessaires, mais comment font ceux qui n'ont rien ? Les démarches sont longues et le système est tout sauf accommodant. » Nadia espère que cette tragédie incitera à réformer des lois et à améliorer la protection des enfants victimes en France, car « chaque enfant compte et mérite d'être protégé ».







