Stéphane Ouinet, père de famille, a reconnu avoir injecté des doses d'insuline à son épouse, qu'il a côtoyée pendant près de vingt-huit ans. Ce procès, qui se déroule à Mont-de-Marsan, met en lumière un parcours conjugal assombri par des tensions et des accusations de violence.
Selon l'accusation, la démarche de Ouinet était préméditée : "Je n'ai administré que quatre à six doses. C'était pour lui faire peur", a-t-il déclaré en référence à leur dernière altercation. Cependant, plusieurs éléments supplémentaires viennent accuser le prévenu, notamment des violences habituelles sur une durée de six ans, des menaces de mort et même une tentative de provoquer le suicide de sa conjointe.
Me Catherine Mattioli-Dumont, avocate de la victime, a insisté sur la gravité des faits et a souligné que cette seconde injection, perçue comme bien plus menaçante que la première, avait conduit la femme à se réfugier dans les toilettes pour alerter les secours. Les tensions au sein du couple semblent avoir été exacerbées par une jalousie maladive, asserte des experts consultés pendant le procès. Une de leurs filles a témoigné, décrivant une enfance marquée par la peur.
Le jury a entendu des témoignages poignants, révélant les aspects sombres de cette relation longtemps présentée comme ordinaire. À l'issue des plaidoiries, l'avocat général plaidait pour quinze ans de prison, assortis d'un suivi socio-judiciaire de sept ans, précisant que les réactions de l'accusé, teintées de déni, de manipulation, étaient inquiétantes.
Des spécialistes en psychologie criminelle s'interrogent sur les motivations d'une telle acte. Ils soulignent que de tels comportements peuvent s'ancrer dans une histoire de domination plutôt que de simple impulsion. Le procès se poursuit, plongeant toujours plus profondément dans les réalités troublantes de cette tragédie familiale.







