La cour d'assises de la Loire-Atlantique a prononcé, jeudi soir, 4 juin, une sentence de réclusion criminelle à perpétuité à l'encontre de Martin Ney. Cet Allemand, âgé de 55 ans, a été jugé pour le meurtre de Jonathan Coulom, un enfant de 10 ans, un drame qui remonte à avril 2004.
Après plus de cinq heures de délibération, la cour, composée de six jurés et trois magistrats, a reconnu Ney coupable d'enlèvement, de séquestration et de meurtre. La peine comporte une sûreté de 22 ans et l'inscription de son nom au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles et violentes, ainsi qu'une interdiction de séjour en France.
Jonathan Coulom participait à une classe de mer lorsqu'il a été enlevé dans un centre de vacances de Saint-Brevin-les-Pins, dans la nuit du 6 au 7 avril 2004. Son corps a été découvert six semaines plus tard, dénudé et lesté dans un étang de Guérande, le 19 mai 2004.
L'accusé clame son innocence
Martin Ney, déjà condamné en 2012 en Allemagne pour le meurtre de trois garçons, a toujours nié son implication dans la disparition de Jonathan. Tout au long du procès, il a maintenu sa version des faits, affirmant : "Je n’étais jamais à Saint-Brevin... Je n’ai pas agi contre Jonathan." Ses avocates ont plaidé l'acquittement, arguant qu'aucune preuve matérielle ne prouvait sa présence sur les lieux ni son implication directe.
Pour Me Beloncle, l'une de ses avocates, "au bout des choses, on ne sait toujours pas." Les doutes ont aussi été soulevés quant à la cohérence des témoignages des codétenus qui l'impliquent. En revanche, l'avocate générale a présenté un "faisceau d'indices" qui, selon elle, justifiait une peine de réclusion à perpétuité. Elle évoquait notamment des similitudes troublantes entre les meurtres en Allemagne et celui de Jonathan.
Les parents de Jonathan, vivant désormais éloignés dans l'Allier, ont choisi de garder le silence face au verdict. Cette affaire demeure un des plus grands drames de l'histoire criminelle récente en France, laissant une cicatrice durable dans la mémoire collective du pays.







