Une récente étude soulève une inquiétante question : les comportements virils des hommes seraient-ils une charge pour notre société ? Cette interrogation, bien quprovocatrice, mérite réflexion. L'historienne Lucile Peytavin, dans son ouvrage Le Coût de la virilité, met en lumière des statistiques surprenantes qui, bien que connues, n'avaient jamais été analysées sous l'angle sociologique.
Selon les données compilées, une proportion écrasante d'hommes est impliquée dans la criminalité : 96 % de la population carcérale, 83 % des infractions pénales et 99 % des viols sont attribués à des hommes. Les coûts associés à la gestion de ces comportements pèsent lourdement sur les finances publiques, avec 7 milliards d'euros du budget de la Justice qui y sont consacrés. À première vue, l'auteur conclut que la fin du système viriliste pourrait permettre à l'État d'économiser jusqu'à 95 milliards d'euros par an. Cette transformation aurait également des répercussions sur des vies humaines, réduisant des centaines de milliers de souffrances psychologiques et physiques.
Une éducation à repenser
Lucile Peytavin précise que, bien que tous les hommes ne soient pas criminels, la majorité des actes délictueux proviennent d'eux. Elle souligne que cette surreprésentation, souvent ignorée, devrait faire l'objet d'une réflexion collective.
"Une éducation altruiste favorisant l'empathie me semble primordiale",déclare-t-elle, mettant en avant l'importance d'adapter notre éducation en tenant compte des schémas culturels de genre. L’éducation, insiste l’historienne, est l’outil le plus puissant pour catalyser un changement durable.
En ce sens, la récente législation abolissant le "devoir conjugal" témoigne d'une avancée, selon la députée Marie-Charlotte Gabin, co-rapporteuse de cette loi, « bien que de nombreuses barrières demeurent à franchir ». De nombreuses voix s'élèvent pour affirmer que l'éducation doit être au cœur de toute réforme et qu'investir dans celle-ci est essentiel pour éviter des coûts conséquents liés à la violence et aux soins judiciaires.
En fin de compte, ce débat invite chacun à envisager une forme d'éducation égalitaire qui valoriserait les principes d'empathie et de respect mutuel, contribuant ainsi à bâtir une société plus juste pour tous.
(1) Le Coût de la virilité, Lucile Peytavin, nouvelle édition illustrée, éd. Michel Lafon, 25,95 €.







