En pleine crise d'approvisionnement, la Coordination rurale a récemment appelé à un retour aux élevages de poules en cage afin d'augmenter la production d'œufs. Cette proposition, bien que polémique, soulève des interrogations sur l'avenir de l'élevage en France, où le pays s'était engagé à abandonner cette méthode d'élevage.
Pour beaucoup, cette situation n'est pas synonyme de pénurie, mais plutôt de tensions sur le marché, dues à divers facteurs économiques et structurels. Yves-Marie Baudet, président de l'interprofession (CNPO), a affirmé : “Nous ne sommes pas en pénurie ; nous avons simplement des tensions d’approvisionnement.” Il a ajouté qu'avec la mise en service de nouveaux poulaillers prévue d'ici juin 2026, la situation devrait se stabiliser.
Ce retour aux cages est soutenu par la Coordination rurale, qui met en avant les difficultés d'investissement liées à l'élevage alternatif. “L’arrêt progressif des cages fragilise l’outil de production,” ont-ils déclaré dans un communiqué. Cependant, cette argumentation a suscité de vives critiques. Baudet insiste sur l'importance de respecter les normes éthiques : “Il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage, c’est le sens de l’histoire, le citoyen le demande.”
En effet, la majorité des acteurs du secteur, des producteurs aux distributeurs, se sont engagés à abandonner les cages, notamment en réponse à une initiative portée auprès de la Commission européenne. La pression pour améliorer le bien-être animal est croissante, et de nombreux consommateurs privilégient les œufs issus d'élevages alternatifs.
D'ailleurs, un article du Journal du Dimanche souligne que l'augmentation de la consommation d'œufs est tendancielle, grâce à leur prix abordable et leurs qualités nutritionnelles. Face à cette demande croissante, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’un “grand ménage” de la réglementation était en cours pour faciliter la construction de nouveaux poulaillers.
Cette réglementation stricte, qualifiée d’entrave à la production par la Coordination rurale, pourrait cependant s'assouplir grâce à un projet de loi en discussion au Parlement. La création de 300 nouveaux bâtiments d'ici 2030, que Genevard soutient, pourrait ainsi répondre à la pression du marché tout en respectant les standards de qualité et de bien-être animal.
Un équilibre délicat se dessine entre l'augmentation de la production et la nécessité de respecter des normes de qualité. Alors que le débat s'intensifie, la question demeure : la France peut-elle conjuguer production accrue et éthique animale dans l'élevage avicole ?







