Près d'un lac à Pékin, des photographes s'affrontent pour attirer les clients, notamment des femmes en robes traditionnelles désireuses de sublimer leurs clichés sur Xiaohongshu. Cette application chinoise, souvent qualifiée d'"Instagram chinois", chamboule les pratiques touristiques dans le pays.
Avec environ 350 millions d'utilisateurs mensuels actifs, Xiaohongshu a vu son audience croître de 50 millions en un an. Cette plateforme est devenue incontournable pour ceux qui cherchent à explorer de nouvelles destinations et à organiser leurs itinéraires autour de lieux photogéniques.
Dans le quartier historique de Shichahai à Pékin, un nombre croissant de touristes, attirés par les contenus diffusés sur la plateforme, afflue aux abords du lac. Li Geng, une photographe de 18 ans, propose ses services à 10 yuans (1,30 euro) par photo. Elle raconte à l'AFP que certains de ses concurrents, avec une forte présence sur les réseaux sociaux, lui font de l'ombre, l'obligeant à chercher des clients dans la rue.
Selon l'agence de presse Chine nouvelle, les Chinois ont effectué plus de 6,5 milliards de déplacements dans leur pays l'an dernier, marquant un record. Xiaohongshu a contribué à faire émerger des entreprises locales et à attirer des touristes vers des destinations moins connues, telle que Zibo, une ville industrielle du Shandong, dont ses brochettes étaient récemment à la mode.
Ming Yii Lai, experte de Daxue Consulting, souligne que Xiaohongshu est la première source d'inspiration pour de nombreux jeunes voyageurs. Mina Chen, étudiante en visite à Shichahai, explique qu'elle a préparé son séjour à l'aide des recommandations d'autres utilisateurs, affirmant que cette démarche est devenue impérative.
Cependant, cette vogue a aussi entraîné une montée du surtourisme dans certaines zones. La profusion de publications sponsorisées par des influenceurs, exaltant des destinations ou établissements, génère des mécontentements lorsque les attentes ne sont pas au rendez-vous, précise Mme Lai.
Nommée Xiaohongshu, ou "petit livre rouge" en mandarin, l'application a suscité un intérêt international, en partie grâce à l’essor des "réfugiés de TikTok" qui, sur recommandation de plusieurs médias, se tournent vers RedNote. Alors qu'elle s'apprête à entrer en Bourse à Hong Kong d'ici fin 2026, Xiaohongshu continue de séduire un public plus large, même au-delà des frontières chinoises.
Des utilisateurs comme Ernest Phua, un retraité singapourien, trouvent des conseils précieux sur la plateforme pour leurs voyages en Chine, affirmant qu'elle regorge de contenus authentiques sur la vie locale. De son côté, Meng Jiaxuan, 20 ans, avoue avoir attribué ses idées de poses pour une séance photo à cette application populaire: "Mon réflexe est toujours de chercher sur Xiaohongshu".







