Après une immersion frénétique dans le monde de l'intelligence artificielle (IA), des entreprises majeures comme Amazon, Microsoft et Uber commencent à ralentir la cadence. Les frais liés à cette technologie ne cessent de grimper, tandis que les gains de productivité restent incertains.
Il semble que le besoin de redynamiser le marché de l'emploi redevienne urgent. Par exemple, avec l'essor de l'IA, Uber a automatisé plusieurs processus, tels que la tarification des courses et la gestion des performances des chauffeurs. Ce faisant, la société a adopté une stratégie axée sur une main-d'œuvre réduite, particulièrement pour ses employés permanents. En effet, la firme a brûlé, dès avril, l'intégralité de son budget IA pour 2026, ce qui a conduit à une consommation exponentielle des services d'intelligence artificielle d'Anthropic et OpenAI, entraînant des factures vertigineuses.
Depuis lors, un rationnement a été mis en place : chaque développeur d'Uber est limité à 1 500 dollars par mois pour l'utilisation de Claude Code, l'outil phare d'Anthropic. Andrew Macdonald, le directeur opérationnel d'Uber, a exprimé ses doutes quant aux résultats de l'IA, affirmant qu'elle n'apporte pas nécessairement des bénéfices tangibles pour les consommateurs, tandis que l'entreprise cherche à recentrer ses investissements sur le développement de voitures autonomes.
Une tendance partagée chez les géants du numérique
Uber ne fait pas exception. Microsoft, par exemple, a récemment abandonné certaines de ses licences Anthropic, jugées trop coûteuses. Ce retournement chez l'un des leaders en IA souligne les défis auxquels doivent faire face ces entreprises.
Un rapport de The Verge signale que des milliers d'emplois sont menacés, notamment après que Microsoft ait annoncé précédemment la suppression de 9 000 postes sous prétexte que 30 % du code était désormais généré par l'IA. Les résultats de cette stratégie semblent mitigés, au point que les employés de Microsoft se sont tournés vers l'utilisation de Claude Code, souvent plus coûteux que des humains pour certaines tâches.
Un coût exorbitant pour l'IA
Afin de mieux gérer leurs dépenses, certaines entreprises, dont Microsoft, ont décidé de limiter l'accès à certains outils d'IA, redirigeant alors leurs équipes vers des solutions internes. Des rapports indiquent qu'une grande société, dont le nom reste inconnu mais qui pourrait être Microsoft, aurait vu sa facture mensuelle atteindre 500 millions de dollars pour l'utilisation de Claude Code.
Ce besoin de contrôle sur les dépenses a également conduit Amazon à surveiller de près l'utilisation de l'IA au sein de ses équipes, aboutissant à des licenciements massifs justifiés par des réductions de coûts. Une développeuse a récemment partagé son expérience avec Guardian, indiquant que son outil d'IA, Kiro, introduisait plus d'erreurs que ne pouvait en corriger un développeur humain, créant une situation paradoxale où l'IA était censée résoudre des problèmes qu'elle avait elle-même générés.
Les implications économiques des infrastructures d'IA
À bien des égards, ces ajustements soulignent une réalité plus large : alors que les besoins en infrastructures pour l'IA augmentent significativement en France et aux États-Unis, ces développements nécessitent des investissements colossaux, parfois estimés en milliers de milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. La plupart des entreprises doivent commencer à justifier ces dépenses exorbitantes, notamment si elles envisagent de devenir publiques et de répondre aux attentes des investisseurs. Cette dynamique alarmante pourrait indiquer un avenir où les entreprises doivent naviguer entre innovation et viabilité économique.







