À partir d'aujourd'hui, les grandes enseignes de la distribution en France, dont E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, lancent une campagne de communication sans précédent pour défendre leur rôle dans la préservation du pouvoir d'achat des Français. Cela survient alors que le Parlement examine des amendements qui pourraient restreindre leurs pratiques de négociation avec les industriels.
Chaque année, entre le 1er décembre et le 1er mars, les supermarchés et les fournisseurs de produits alimentaires participent à des négociations intensives, souvent qualifiées de brutales, qui déterminent les prix en magasin. En effet, selon les enseignes, un panier d'achats qui coûterait initialement 71 euros serait réduit à 52 euros grâce à ces négociations.
"Si demain la loi nous empêche de négocier les prix, qui protègera votre pouvoir d'achat?" s'interrogent les dirigeants de ces enseignes sur une affiche diffusée dans la presse et dans leurs magasins.
Cette campagne met en avant une sélection de produits populaires, dont Coca-Cola et Nutella, en soulignant la différence de prix entre les négociations. Les enseignes affirment que sans ces discussions, les consommateurs pourraient payer jusqu'à 37 % de plus.
Des amendements controversés à l'origine de l'inquiétude
Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a averti que toute législation qui affaiblirait la capacité de négociation pourrait aggraver la situation des consommateurs, déjà affligés par une inflation alimentaire d'environ 25 % ces dernières années. Les amendements en question, qui font partie d'un projet de loi agricole urgent, visent à sanctionner certaines pratiques, comme la diminution des commandes durant les négociations, qui sont jugées nécessaires par les distributeurs.
Thierry Cotillard, dirigeant d’Intermarché, a également exprimé ses préoccupations, soulignant que le retrait des commandes au moment des négociations représente l'un des derniers moyens de pression dont disposent les distributeurs.
Pour Philippe Michaud, président exécutif de Leclerc, "il est temps de remettre le consommateur au cœur des décisions".
Cette réaction des grandes enseignes fait suite à un rapport d'une commission d'enquête sénatoriale qui a dénoncé des pratiques abusives au sein de la grande distribution, telles que l'intimidation et le retrait de certains produits des rayons. Le rapport soutient que pour chaque 100 euros dépensés pour des produits alimentaires, seulement 8 euros profitent aux agriculteurs, tandis que 40 euros sont absorbés par la grande distribution.
En conséquence, les grandes enseignes appellent à un dialogue constructif avec le législateur pour trouver des solutions qui préservent les intérêts des consommateurs tout en garantissant leur capacité de négociation.







