Un symbole de l'industrie française, Duralex, est à nouveau dans la tourmente. Selon des sources proches du dossier, la célèbre verrerie, reconnue pour ses produits en verre trempé, envisagerait de demander son placement en redressement judiciaire dès lundi prochain, marquant une nouvelle étape inquiétante dans son histoire récente, seulement deux ans après avoir été reprise par ses salariés sous forme de coopérative.
L’annonce a suscité des réactions au sein de l’industrie, alors que des insiders décrivent la situation de l’entreprise d’Orléans comme "sombre" et "catastrophique". Employant actuellement 243 travailleurs à La Chapelle-Saint-Mesmin, l’usine est actuellement en désarroi financier, avec des salaires non réglés à hauteur de 50% pour le mois de mai. Environ 60% des employés ont investi dans la coopérative, témoignant d’un fort engagement pour sauver leur entreprise.
Si le tribunal de commerce juge nécessaire de la placer sous sauvegarde, ce serait le cinquième redressement judiciaire de l’entreprise en deux décennies, une situation qu’aucun expert ne souhaite voir se répéter. Le ministère de l’Economie a déjà initié un audit de l'entreprise, soulignant la gravité de sa trésorerie.
Créée en 1945, Duralex a acquis une notoriété mondiale avec ses verres réputés incassables. Malgré une levée de fonds prometteuse l’automne dernier, les récents bouleversements au sein de sa direction ont jeté un voile d’incertitude sur l'avenir de l'entreprise. François Marciano, figure clé de cette transformation en société coopérative, a été relevé de ses fonctions début avril, laissant ses successeurs dans une situation précaire.
Avec un chiffre d'affaires estimé à 35 millions d'euros pour retrouver un équilibre financier, les objectifs ambitieux de la direction semblent hors de portée, comme l’observent plusieurs analystes économiques. "La gestion actuelle soulève plus de doutes que de certitudes", mentionne un observateur du secteur.
Les problèmes de production s’intensifient également, la plupart des lignes d'usine étant à l'arrêt. Un salarié, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a décrit les initiatives récentes comme "des pansements sur des jambes de bois". L’augmentation des coûts de l’énergie en 2022 avait déjà gravement impacté l’entreprise, bien que la situation actuelle ne soit pas directement liée aux prix de l’énergie grâce à des contrats à long terme.
Ce déclin rappelle également celui de Brandt, un autre fleuron industriel français, liquidé récemment. La proximité géographique des deux entreprises n’échappe pas à ceux qui s’inquiètent du devenir de Duralex, tout en espérant qu’une solution salvatrice se profile à l’horizon.







