La ville de Tours s'apprête à accueillir la célèbre enseigne de mode Pull&Bear, confirmée par la mairie. Ce déménagement prendra place dans les locaux laissés vacants par C&A sur la rue Nationale, redynamisant ainsi l'hypercentre, tout en suscitant des réserves dans le contexte actuel de crise économique.
Iman Manzari, adjoint au maire en charge du quartier Tours sud et délégué au commerce, se réjouit de cette nouvelle : "J'ai eu plusieurs discussions avec Inditex, la société mère de Pull&Bear, pour garantir leur arrivée. Les autorisations d'urbanisme sont en cours et j'espère que tout se déroulera pour le mieux". Malgré cela, le groupe Inditex reste muet sur cette implantation.
Cette boutique est attendue avec impatience par de nombreux Tourangeaux. Laura, 28 ans, exprime son enthousiasme : "C'est une marque que j'apprécie, particulièrement populaire parmi les jeunes ; son arrivée est donc une bonne nouvelle". Myriam, également ravie, déclare : "Je suis impatiente de voir le magasin ouvrir ! Posséder un point de vente local est un vrai plus pour moi".
Cependant, d'autres passants se montrent plus critiques. Inès, 19 ans, évoque l'image d'une ville envahie par des enseignes de fast-fashion, regrettant le recul des boutiques indépendantes : "Il n'y a plus que des marques comme Primark. Autrefois, nous avions plus de choix".
Un accueil mitigé des commerçants
L'ombre de Pull&Bear plane sur les commerces de la rue Nationale, soulevant des inquiétudes parmi les détaillants. Laurence Moine, gérante de Mandarine, voit cette concurrence comme une opportunité : "La concurrence peut être bénéfique et je crois que les clients compareront les produits". Elle espère même que Pull&Bear agira comme un "magnète" pour attirer les clients vers les commerces indépendants du centre-ville.
Pour d'autres commerçants, l'angoisse est palpable. Maude Pierre-Léandre, gérante de Saperlipopette et porte-parole de l'association Destination Tours, alerte sur les conséquences de cette tendance à la massification : "Nous sommes nombreux à craindre des licenciements, la fermeture de boutiques indépendantes est en hausse et elle est remplacée par des chaînes".
Pour renforcer leur position, l'association regroupe près de 140 enseignes qui souhaitent dialoguer avec la municipalité sur l'accessibilité. Le constat fait état d'un malaise grandissant chez les petits commerçants, inquiets pour leur avenir.
Iman Manzari reconnait ces difficultés, évoquant une "crise du commerce". Néanmoins, il souligne le dynamisme du centre-ville, citant l'implantation d'autres enseignes telles qu'Uniqlo, et le maintien de Bouchara. Il mentionne également des données encourageantes : "La fréquentation du centre-ville a augmenté de 2 % de janvier à avril 2026, ce qui montre une dynamique positive, même si cela ne se traduit pas encore par une hausse significative des ventes".







