Le géant laitier français Lactalis a récemment annoncé la nécessité de répercuter les effets du conflit au Moyen-Orient sur les prix de ses produits. Cette déclaration alerte sur une problématique plus large : la possibilité d'une hausse des prix dans les rayons des supermarchés. Avec un surcoût estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros, principalement dû à l'augmentation des frais de transports et d'emballages, l'inquiétude s'accroît chez les consommateurs.
Une pression inflationniste attendue
En mars, l'Insee a noté une augmentation de 1% des prix à la consommation, reflet de l'augmentation des coûts de l'énergie et des matières premières. Les prévisions de Franck Lehuédé, directeur d'étude au Crédoc, indiquent que des hausses de prix ne devraient pas tarder : "Il va y avoir des augmentations qui vont arriver à un moment ou un autre," a-t-il déclaré sur franceinfo.
Les différentes raisons de l'augmentation
D'après Lehuédé, cette hausse ne se limite pas seulement aux produits de Lactalis. "Le transport est la raison principale qui explique les hausses attendues," a-t-il noté, tout en ajoutant que le coût des emballages jouera également un rôle crucial. En effet, la transformation pétrolière nécessaire à la production de plastique augmente considérablement les charges. "Tout ce qui nécessite de l'énergie pour produire est donc sous pression," a-t-il précisé.
Les distributeurs au défi
Il convient de noter que Lactalis et d'autres industriels ne peuvent pas simplement augmenter les prix ; ces derniers sont fixés lors de négociations annuelles avec les distributeurs. Cependant, ces derniers pourraient ajuster les tarifs de leurs propres marques si les coûts continuent de grimper, comme l'a indiqué Thierry Cotillard, président d'Intermarché. "Les consommateurs ne peuvent pas accepter 10 ou 15% d'inflation dans les rayons," a-t-il reconnu.
Perspectives d'avenir
Franck Lehuédé tempère cependant les inquiétudes. "L'ampleur des augmentations est beaucoup moins importante qu'en 2022-2023," observe-t-il, rappelant que la situation actuelle est moins liée aux matières premières qu'à la seule augmentation des coûts énergétiques. Ce qui pourrait néanmoins se traduire par des hausses de prix dans d'autres secteurs. Il est donc crucial de surveiller l'évolution de cette crise et ses effets en chaîne sur l'économie française.







