Dans l'esprit de nombreux décideurs et d'une partie de la population, ainsi que des retraités eux-mêmes, la retraite est souvent perçue comme une période d'inutilité. Pourtant, le sociologue Serge Guérin nous invite à repenser cette idée dans sa chronique mensuelle.
Souvent, la conception de l'utilité se limite à une approche utilitariste, réduisant notre contribution à la société au simple travail et à la production de biens et services. Cette perspective étroite oublie que le sens de la vie ne se résume pas uniquement à des bilans comptables. En effet, quatre leviers permettent de se sentir utile, indépendamment de l'âge.
Les quatre leviers de l'utilité
- Le levier économique : Cet aspect prend en compte le travail et la consommation.
- Le levier fonctionnel : Il met l'accent sur l'autonomie physique, la mobilité et la capacité d'aider autrui.
- Le levier social : Il favorise les relations avec autrui, les échanges et la reconnaissance mutuelle. À tout âge, l'humain demeure un animal social.
- Le levier symbolique : Les personnes âgées jouent un rôle crucial en transmettant des histoirés individuelles et collectives, en incarnant la mémoire et en faisant le lien entre les générations.
Pour avancer, regarder vers l'avenir implique aussi de ne pas négliger le passé. La transmission des expériences vécues et des leçons apprises est non seulement utile, mais essentielle à la cohésion sociale.
Serge Guérin, également professeur à l'Inseec, a récemment publié La Silver Économie pour les nuls, éd. First, 2023.







