Le manque de sommeil semble agir comme un moteur nous poussant vers des aliments riches en graisses, en stimulant un signal biologique lié à la récompense alimentaire. Décryptage.
À mesure que la fatigue s'accumule, notre appétit pour la junk food augmente. Mais pourquoi sommes-nous plus enclins à céder à la tentation d'un burger après une nuit agitée ? Des scientifiques des universités de Chicago et de Bruxelles se sont penchés sur cette question et ont découvert des mécanismes biologiques à l'œuvre. Les études montrent que le manque de sommeil active le système nerveux endocannabinoïde, essentiel dans notre circuit de récompense lié au désir de manger et à l'appétit.
Une récompense alimentaire accrue
Selon le Dr Erin Hanlon, co-auteur de l'étude parue dans la revue Sleep, la privation de sommeil intensifie notre désir de plaisir alimentaire. "Le manque de sommeil stimule le système endocannabinoïde, qui est par ailleurs activé par les produits comme la marijuana, augmentant ainsi notre appétit", précise-t-elle. Ainsi, lorsque nous sommes bien reposés, le signal est faible durant la nuit, atteint un pic le matin, puis redescend dans l'après-midi. En revanche, avec une nuit écourtée, ce signal peut rester élevé jusqu'à 33 % au-delà du niveau normal.
Conséquences sur la santé
Des niveaux plus élevés de ce signal peuvent renforcer notre envie de grignoter, en particulier des aliments riches en matières grasses. "Avec une bonne nuit de sommeil, on peut facilement résister à un Snickers, mais sans sommeil, cette résistance diminue", explique Hanlon. Cette situation peut rapidement conduire à une prise de poids, car on est plus susceptible de céder à des choix alimentaires malsains, surtout dans l'après-midi et le début de soirée, accentuant ainsi le lien entre manque de sommeil et obésité.







