Les négociations reprennent début septembre entre les partenaires sociaux, Édouard Philippe, Agnès Buzyn et Jean-Paul Delevoye. En parallèle, le gouvernement propose une nouvelle phase de dialogue citoyen, s'inspirant du "grand débat national".
Le jeudi 18 juillet, dans les bureaux en verre du ministère des Solidarités, une vingtaine de journalistes attendaient fébrilement les recommandations de Jean-Paul Delevoye sur la réforme des retraites. Si cet événement marquait plus d’un an de discussions, il annonçait aussi la reprise des débats à la rentrée. "Nous avons d’ailleurs déjà eu une discussion avec Delevoye après la présentation" indiquait Éric Chevée, vice-président de la CPME. "Il fallait établir les grandes lignes d’un projet, ce que nous avons maintenant pour progresser vers un accord." Les partenaires sociaux ont donc prévu de se réunir à Matignon les 5 et 6 septembre, avec l’objectif de définir les méthodes et le calendrier pour la suite des travaux.
Des objectifs financiers sous pression
À court terme, les partenaires sociaux se montrent rassurants quant aux mesures financières immédiates. Prévue pour le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) de 2020, la réforme "paramétrique" avait été suspendue pour éviter d'accaparer l'attention sur le rapport Delevoye. Toutefois, un proche du dossier a avoué que le gouvernement envisage toujours de réaliser des économies avant l’adoption du nouveau système. Comme l’a souligné le haut-commissaire, la future réforme doit s'articuler autour de bases financières solides, avec des comptes équilibrés d’ici 2025. "Nous entrons dans une phase de gestion politique, avec une remise en main par le Premier ministre", a noté Serge Lavagna, secrétaire national de la CFE-CGC.
Un dialogue citoyen renouvelé
Pour apaiser les tensions concernant la réforme, le gouvernement prévoit de relancer des consultations citoyennes. Ces actions pourraient se dérouler en ligne et dans les mairies, inspirées des consultations organisées lors de la crise des gilets jaunes, mais d'une ampleur réduite. "Les citoyens doivent avoir la possibilité de réagir aux propositions émises", a déclaré Agnès Buzyn lors d'une interview.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du "deuxième acte" du quinquennat d'Emmanuel Macron, qui prône davantage de dialogue. Cependant, certains peuvent y voir une répétition, chaque relance semblant prolonger indéfiniment le processus. Initialement prévue pour 2019, la présentation au Parlement du projet pourrait finalement être reportée à décembre, avec un vote après les élections municipales de 2020. Éric Chevée souligne que ce délai supplémentaire n'est pas surprenant. Du côté de la CFDT, plusieurs éléments doivent encore être clarifiés, y compris les détails que la réforme des retraites doit incorporer ou retirer.
Les prochains mois s'annoncent délicats pour le gouvernement, qui devra manœuvrer habilement entre les attentes citoyennes et les tensions syndicales. Alors que les réunions prennent place à travers le pays, l’heure est à l’écoute et à l’adaptation.
Mobilisation des secteurs concernés
Le 16 septembre, le conseil national des barreaux initiera les manifestations contre la réforme des retraites. Avocats, infirmiers libéraux, pilotes de ligne et d'autres organisations sont unis par la crainte de voir leurs proches régimes de retraite fusionnés dans le système universel. Des appels à fermeture de cabinets médicaux ont également été lancés par des représentants minoritaires.
Du côté syndical, Force ouvrière et la CGT prévoient des mobilisations distinctes, FO étant attendue le 21 septembre, tandis que la CGT défilera le 24 en compagnie d'une partie des cheminots.







