Avec son "steak" haché à base de pois chiches et de jus de betterave, la start-up californienne Beyond Meat fait une entrée fracassante en Bourse et s'implante en Europe. Ce monde sans viande, qui prend forme face aux défis environnementaux, aura-t-il un avenir prometteur ?
L'émergence de Beyond Meat a surpris de nombreux observateurs. Tandis que l'attention se portait sur Uber, le fabricant de burgers à base de plantes a en effet réalisé la meilleure introduction en Bourse de l'année aux États-Unis, avec un bond de 163 % lors de son entrée au Nasdaq en mai dernier. Aujourd'hui évaluée à près de 10 milliards de dollars, Beyond Meat surprend par sa valorisation bien que son chiffre d'affaires ait atteint seulement 87,9 millions de dollars l'année précédente. Qu'est-ce qui explique cet engouement ?
Démarche proactive face aux enjeux environnementaux
La consommation excessive de viande fait face à de sérieuses critiques. Les conséquences de notre régime alimentaire sont questionnées, notamment sur la biodiversité, le changement climatique, et les droits des animaux. En 2017, la production mondiale de viande a atteint 323 millions de tonnes, avec 65 milliards d'animaux abattus chaque année. Aux États-Unis, les chiffres sont ahurissants : en 2018, 13 milliards de hamburgers ont été consommés, soit une moyenne de trois par semaine. La fondation de Beyond Meat s'inscrit dans cette réflexion personnelle de son créateur, Ethan Brown, qui, après une enfance à la ferme et un passage dans le secteur des énergies propres, a réalisé que l'élevage a un impact plus fort sur l'environnement que d'autres problématiques.
Innovation et développement
Pour séduire les consommateurs habitués à la viande, Beyond Meat met un point d'honneur à créer des produits végétaux qui imitent la texture et le goût de la viande réelle. Les ingrédients variés tels que les protéines de pois, le jus de betterave, et l'huile de noix de coco sont conçus pour reproduire l'expérience culinaire. Le dernier modèle de Beyond Burger, enrichi de riz complet et de protéines de haricot mungo, vise à offrir une expérience gustative toujours plus raffinée. Aujourd'hui, près de 93 % des clients de Beyond Burger sont également des amateurs de burgers traditionnels, ce qui élargit considérablement la base de consommateurs.
Les ambitions ne s'arrêtent pas là. Beyond Meat prévoit d'élargir sa gamme avec d'autres produits à base de plantes, tels que des saucisses et même des alternatives à la viande plus premium. En parallèle, des investisseurs notables, tels que Bill Gates et Leonardo DiCaprio, soutiennent le projet. L'entreprise est également en pleine expansion à l'international, avec une attention particulière sur la croissance en Asie.
Vers un avenir durable et innovant
En termes d'impact environnemental, Beyond Meat se démarque. Sa production génère 90 % d'émissions de gaz à effet de serre en moins et utilise 46 % moins d'énergie que celle de la viande traditionnelle. Une prévision suggère qu'en 2040, 60 % des viandes consommées pourraient ne pas être issues d'animaux, mais de procédés végétaux ou de culture cellulaire. Côté nutrition, les avis demeurent partagés. Si le burger végétal est sans cholestérol, il reste riche en acides gras saturés et de nombreux experts soulignent les effets de l'ultratransformation. Ainsi, même si Beyond Meat fait figure de pionnier dans la lutte pour une alimentation durable, le chemin vers une solution parfaite est encore à tracer.







