À Concremiers, située dans l'ouest de l'Indre, Guillaume de Carcouët cultive des pommes de terre depuis quatre ans. Bien que cette activité demeure rare dans le département, elle connaît un franc succès grâce à la vente directe à la ferme. Sur les 400 tonnes de pommes de terre récoltées l'an passé, 40 ont été proposées à la vente sur l'exploitation. L'agriculteur, qui refuse de collaborer avec les supermarchés, assure qu'il peut offrir des prix plus compétitifs en éliminant les intermédiaires. Le reste de sa production est vendu à un industriel qui les transforme en frites fraîches, ce qui constitue un modèle économique double avantageux. Guillaume de Carcouët explique : "Les ventes à un client industriel financent les machines et équipements, tels que la récolteuse et la chambre froide. Cela me permet de réaliser des ventes directes sans dépendre entièrement du travail manuel."
Toute la production, répartie sur sept hectares, est entièrement mécanisée, de la plantation à la récolte, en passant par le tri et le stockage. "C'est cet aspect qui me permet de gérer des volumes importants tout en maintenant des prix abordables", précise Guillaume. Venir du Nord-Pas-de-Calais lui a permis d'apporter un savoir-faire reconnu dans la production de pommes de terre, pourtant rare dans l'Indre, où une forte concurrence est absente. "Ce manque de concurrence m'a permis de réussir mes ventes l'an passé, malgré une offre nationale excédentaire", témoigne-t-il. D'autres agriculteurs, face à la chute des prix, ont dû laisser leurs récoltes se détériorer.
Des difficultés liées au climat et à la concurrence
Pour lui, la pomme de terre représente un choix stratégique : "C'est un légume prisé, capable de nourrir les familles, abordable et facile à cuisiner". Toutefois, la culture pose des défis. "Dans l'Indre, les aléas climatiques sont fréquents, oscillant entre des périodes de sécheresse et d'humidité excessive. L'irrigation est nécessaire, et il faut également se prémunir des maladies".
La volonté de vendre localement est également une stratégie pour contrer la domination des marchés mondiaux, que certains pays, comme la Chine ou l'Inde, capturent de plus en plus. Selon Guillaume, "les règles du jeu diffèrent sur les marchés internationaux, créant ainsi des difficultés pour les agriculteurs français et soulevant des interrogations sur l'avenir de notre agriculture". En 2022, le Centre-Val de Loire a produit près de 800.000 tonnes de pommes de terre, marquant une augmentation de 20 % par rapport à l'année précédente.







