Un mois après une montée d'alertes concernant d'importantes nuisances olfactives autour du site d'enfouissement des déchets à Gournay, les habitants du sud de l'Indre se plaignent encore d'odeurs désagréables. Avec les températures élevées, ces nuisances semblent s'intensifier.
Il y a quelques semaines, des citoyens, ainsi que des représentants locaux, avaient exprimé leur exaspération face à une situation devenue insupportable. Suez, le nouveau gestionnaire, effectue des travaux pour régulariser la situation, visant à repositionner des déchets accumulés depuis trois ans. Cependant, cette opération génère des odeurs qui dérangent même les résidents les plus éloignés, a déclaré Blanche Feignon, maire de Bouesse, une commune proche.
Selon les déclarations de Suez, des retards dans la réalisation des travaux de couverture des déchets ont été rencontrés, et ceux-ci devraient être terminés d'ici mi-juin. En attendant, des nuisances olfactives continuent d'affecter la vie quotidienne des riverains.
Des odeurs "immondes"
Pascal Touzet, agriculteur du lieu-dit Le Plaix, est l'un des plus touchés. "C'est comme si on dormait la tête dans une poubelle", confie-t-il, décrivant l'impact sur sa vie professionnelle et personnelle. Les conditions climatiques récentes aggravent son quotidien, rendant difficile l'aération de son domicile. "Chaque soir, on scrute la météo pour savoir d'où vient le vent. Une simple ouverture de fenêtre peut nous réveiller à des heures inattendues. C'est invivable", poursuit-il.
Les préoccupations ne sont pas partagées par tous les habitants de la région, certains n'ayant jamais subi ces désagéments, selon leur situation géographique. Stéphanie et Élodie, cependant, font partie des plus exposées. "Les odeurs pénètrent dans notre maison, même porte close, et nous rendent la vie impossible", témoignent-elles.
Des élus mobilisés
Les élus, éminemment conscients des problématiques liées aux nuisances olfactives, s'inquiètent de l'impact sur l'attractivité de leur région. Le maire de Bouesse souligne : "Les gens viennent à la campagne pour profiter d'un cadre de vie agréable, pas pour subir des odeurs insupportables. Si cela persiste, nous risquons de perdre des habitants".
Les autorités locales visent une solution d'ici la fermeture prévue du site d'enfouissement en 2030, avec une future usine de valorisation des déchets en projet à Martinerie, près de Châteauroux. Cependant, les complications des travaux actuels retardent leur avancement.
Retards des opérations
En réponse aux préoccupations, Suez a précisé : "Les travaux de réhabilitation du site se sont avérés plus complexes que prévus et seront finalisés d'ici la mi-juin. Nous maintenons cependant une vigilance constante et mettons tout en œuvre pour limiter les nuisances". De leur côté, les services de l'État notent que le site est la cible de nombreuses plaintes et subit des inspections régulières.
Une réunion de suivi regroupant élus, représentants de l'État et Suez est prévue le 4 juin 2026 pour aborder les avancées et les mesures à envisager pour résoudre ce problème dommageable pour la qualité de vie des habitants.







