Dans un contexte où la géolocalisation et le traitement des données de santé deviennent omniprésents, la question de leur sécurité se pose de manière cruciale. Comme l'indique la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), cette thématique est d'une importance capitale, surtout face aux piratages répétés d'hôpitaux et autres structures médicales.
Chaque année, des dizaines d’établissements de santé sont victimes d’attaques informatiques. Récemment, un logiciel utilisé par les professionnels de santé a été compromis, démontrant à quel point nos données sont précieuses et vulnérables. Aurore Gaignon, juriste au service santé de la CNIL, explique : "Les données de santé font l'objet d'une double régulation pour garantir leur protection". D'une part, le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) impose aux entités traitantes de mesurer les risques et de les sécuriser en conséquence. D'autre part, le droit français stipule que toutes informations collectées lors d'un parcours de soins doivent être stockées sur un serveur certifié HDS (Hébergeur de Données de Santé), surtout si elles permettent d'identifier un patient.
Le processus d'obtention de cette certification est rigoureux, exigeant des critères élevés de sécurité, mais ne garantit pas une protection totale contre les ingérences étrangères. Comme l’affirme la CNIL, si une entreprise conserve des données en France sur un serveur HDS, mais que son siège social se situe aux États-Unis, le gouvernement américain peut demander l'accès à ces données, quelle que soit leur localisation physique dans le monde. Pour cette raison, la France a récemment décidé de s'éloigner de Microsoft, un acteur américain, pour le projet du Health Data Hub, favorisant des entreprises françaises comme Scaleway, afin de mieux sécuriser nos informations médicales.
Malgré les réglementations strictes et les efforts de protection, le chemin vers une sécurité absolue des données de santé reste semé d'embûches. Il est impératif que les acteurs du secteur renforcent continuellement leurs systèmes de sécurité, tout en sensibilisant les utilisateurs aux bonnes pratiques pour protéger leur information personnelle.







