Depuis quelques semaines, le service de radiologie interventionnelle du CHU de Nîmes a intégré un robot révolutionnaire dans ses pratiques, spécifiquement conçu pour traiter les tumeurs cancéreuses du rein, du foie, des poumons, et même des os. Ce robot, nommé Epione, suscite déjà de grands espoirs.
"C'est un robot humanoïde doté d'une précision inégalée", explique avec enthousiasme Wissem Nabi, médecin radiologue au CHU. Epione, en effet, a commencé à prendre en charge des patients, offrant des résultats prometteurs grâce à sa capacité à exécuter des procédures avec une précision chirurgicale exceptionnelle, entraînant des réductions significatives des taux de récidive et de complications.
Des yeux et un bras du robot
Les avancées technologiques d'Epione se déclinent en trois modules essentiels : des caméras, semblables à des yeux, un bras articulé pour positionner l'aiguille, et un écran couplé à un logiciel sophistiqué. "Le système visuel détecte des marqueurs cutanés, ce qui permet de cibler les lésions tumorales avec une grande exactitude", détaille Jean Goupil, chef du service d'imagerie. "Le bras ajuste sa position pour faciliter l'insertion de l'aiguille à l'emplacement désiré", ajoute-t-il. "Le logiciel aide à la planification pour une intervention ciblée sur la tumeur".
L'approche traditionnelle d'ablation manuelle des tumeurs est bouleversée par Epione, qui permet de réduire le risque de récidive de 30% à 10% et le risque de complications de 8% à 2%. "Pour offrir des soins de qualité dans le 21e siècle, avoir recours à des technologies comme celle-ci est indispensable", souligne le Dr Nabi.
À la recherche de financement
Cependant, l’implémentation de cette innovation requiert des investissements considérables. Epione, produit par une entreprise locale, nécessite un budget de 260.000 euros pour une période de deux ans de location. Le fonds de dotation du CHU s'active pour réunir les fonds nécessaires, s'appuyant sur des mécènes. À ce jour, 60.000 euros ont déjà été collectés.
"Il s'agit d'une synergie essentielle entre les équipes médicales, sortes d'entrepreneurs intrapreneurs, et les mécènes, véritables entrepreneurs extérieurs. Les acteurs publics et privés partagent des intérêts communs pour promouvoir le territoire gardois", conclut Jean-Olivier Arnaud, président du fonds d'investissement.







