Ludovic Beyran, éleveur de vaches limousines à Panazol, non loin de Limoges, fait face à une situation préoccupante. Avec un cheptel de 250 bêtes, ses ventes aux abattoirs ont récemment pris un tournant. "Il y a un mois, j'ai vendu des torillons, et le prix annoncé était de 7,80 euros le kilo de carcasse. Mais quelques jours plus tard, l'acheteur a réduit le prix", raconte-t-il, visiblement inquiet.
Actuellement, le prix de vente pour un groupe de bovins se situe autour de 7 euros le kilo de carcasse, entraînant une perte conséquente pour les éleveurs. Selon Ludovic, "mes bêtes auraient dû se vendre entre 1.500 et 2.000 euros de plus".
Désormais, les acheteurs se tournent vers l'importation
Les responsables des abattoirs et coopératives ont du mal à justifier cette diminution des prix. Les agriculteurs attribuent cette situation à la guerre au Moyen-Orient, arguant que l'inflation pousse les acheteurs à privilégier des sources d'approvisionnement moins coûteuses, souvent à l'étranger. Des traités de libre-échange comme celui du Mercosur, récemment mis en œuvre, facilitent l'importation de viande à bas prix, ce qui complique encore la situation pour les éleveurs français.
Face à cette crise, la FDSEA (Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) de la Haute-Vienne prévoit une mobilisation dans les jours à venir. "Nous allons inspecter les camions frigorifiques sur les routes, dans les grandes surfaces et même dans les restaurants. Si nous trouvons de la viande importée, nous la déclarerons impropre à la consommation humaine. Il est inacceptable d'accepter ces importations de viande d'Argentine ou du Brésil, traitée avec des substances interdites en France, alors que nous avons tout ce qu'il faut pour nourrir nos concitoyens", a déclaré un représentant de la FDSEA.







