Dans un tournant inattendu de la campagne municipale à Nice, Jean-Pierre Rivère, président de l’OGC Nice, a décidé de se retirer de la liste d’Éric Ciotti. Cette décision, annoncée par son équipe de campagne, est motivée par des préoccupations juridiques et des incertitudes liées à une éventuelle incompatibilité électorale. Bien qu'il abandonne son rêve de devenir premier adjoint, Rivère reste un fidèle soutien de Ciotti, s'engageant à coprésider son comité de soutien et à assumer le rôle de conseiller spécial en cas d’élection de ce dernier.
Âgé de 68 ans et étant un homme d’affaires prospère dans le secteur immobilier, Rivère avait fait son retour à la présidence de l’OGC Nice l'année précédente, en plein cœur d'une crise au sein du club. Sa candidature, cependant, suscite des inquiétudes. Christian Estrosi, son principal adversaire politique et ancien maire, a alerté le préfet d'une potentielle incompatibilité, soulignant que les entrepreneurs de services municipaux, comme Rivère, peuvent se retrouver inéligibles en raison de leur proximité avec la ville.
Le Code électoral stipule en effet qu'un entrepreneur dont les activités sont directement liées à la commune doit avoir quitté ses fonctions au moins six mois avant une élection pour pouvoir se présenter. Par conséquent, bien que Rivère ait quitté son poste à l’OGC Nice en août 2025, son retour en décembre a soulevé des doutes.
Rivère a exprimer sa volonté d'éviter toute incertitude juridique en prenant cette décision. « Même un léger risque juridique aurait pu ternir notre campagne » a-t-il fait savoir dans un communiqué de l’équipe de Ciotti, contestant ainsi les accusations de l’opposition qui trouvent l'agitation actuelle artificielle.
Il est intéressant de noter que Rivère n’est pas le premier dirigeant sportif à s’engager en politique. Par exemple, à Montpellier, Mohed Altrad, président du club de rugby, a récemment annoncé sa candidature à la mairie, sans que des préoccupations similaires n’aient fait surface lors de sa précédente tentative en 2020.
Alors que la campagne avance à Nice, la décision de Rivère illustre les nuances complexes des relations entre sport, affaires et politique, attirant un intérêt grandissant tant sur la Côte d'Azur qu'ailleurs. Pour certains analystes, ce retournement pourrait bien influencer le paysage électoral, créant un vide que d'autres candidats pourraient exploiter.







