C’est à Saint-Denis, terre emblématique des enjeux politiques français, que Jean-Luc Mélenchon a choisi de démarrer sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027. Un choix chargé de signification tant ce bastion des luttes sociales résonne avec les ambitions de La France Insoumise (LFI).
La décision de tenir ce premier grand meeting dans cette ville n’est pas un choix anodin. Selon La Tribune, Bally Bagayoko, le maire récemment élu, commence à se faire un nom qui pourrait challenger Mélenchon lui-même. Lors d’une interview sur Radio Nova, le leader insoumis a exprimé son agacement face à la soudaine montée en puissance de Bagayoko : "L’homme que Mélenchon n’avait pas vu, il n’est pas encore né !" a-t-il déclaré, tout en admettant que son rival potentiel a indéniablement du talent.
Le dernier sondage d’Odoxa, commandé par Public Sénat, annonce que Bally Bagayoko est désormais à égalité avec Mélenchon en termes de popularité, suscitant des opinions favorables auprès de 14 % de la population. Une montée impressionnante pour celui qui, il y a peu, était relativement inconnu. Cela ne fait qu’augmenter la tension dans le camp insoumis.
Une indépendance croissante
Ce qui inquiète Mélenchon, c’est la volonté affichée par Bagayoko de se distancier de LFI. Dans une intervention sur RMC, le nouveau maire a clairement fait connaître son aversion pour certains termes employés dans la politique actuelle, et prône plutôt une vision inclusive de la "nouvelle France", engageant à rassembler les héritiers de l’immigration.
Dans Le Monde, il a même déclaré : "Je suis à LFI depuis 2017 par opportunité", soulignant une certaine ambivalence vis-à-vis de sa loyauté envers le mouvement. Malgré tout, Bagayoko reste favorable à la candidature de Mélenchon, tout en plaidant pour une coalition élargie qui unirait les diverses tendances de la gauche.
Il a ajouté : "Pour 2027, je vais prendre des initiatives avec d'autres maires. Il faut renforcer le lien entre les quartiers populaires et les zones rurales sur une base d'égalité territoriale." Cette déclaration révèle une ambition de jouer un rôle de premier plan, et montre qu'il n’hésite pas à revendiquer une place à la table aux côtés de Mélenchon, un comportement rarement vu dans le cercle insoumis.
Le meeting de ce dimanche à Saint-Denis, avec son caractère monumental, semble donc être une stratégie délibérée de Mélenchon visant à solidifier son emprise sur le mouvement tout en utilisant le potentiel de Bagayoko à son avantage. En mettant en avant le maire, il crée une alliance qui pourrait bien être clé pour l’avenir de la gauche française.
Ainsi, les voies de Mélenchon et de Bagayoko se croisent non pas seulement comme celles d’un mentor et de son élève, mais comme deux leaders potentiels d'une même lutte pour un avenir politique commun.







