Dans un discours prononcé le 22 mai, Emmanuel Macron a plaidé en faveur d'une refonte de l'arsenal juridique européen pour mieux défendre l'industrie contre les pratiques commerciales jugées « déloyales ». Le président a suggéré qu'il était temps pour l'Union européenne de s'inspirer des États-Unis et de mettre en place un mécanisme similaire à la célèbre "section 301". Cette déclaration a eu lieu au Très Grand Centre de Calcul du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).
« Il n’y a aucune raison que nous restions inactifs lorsque notre souveraineté est menacée », a affirmé Macron, insistant sur la nécessité d'assumer des mesures de protection, notamment en créant une alternative européenne à la section 301, un instrument américain qui a montré son efficacité dans le passé.
La section 301 américaine autorise le gouvernement à enquêter sur des pratiques commerciales déloyales et à réagir par le biais de droits de douane, un processus qui a été souvent utilisé sous la présidence de Donald Trump, notamment contre l'Union européenne.
Selon les économistes Brad Setser et Sander Tordoir, auteurs d'un rapport publié récemment, « c'est un outil beaucoup plus puissant que les actions classiques contre le dumping ou les subventions ».
D'après leurs recommandations, l'instauration d'un tel instrument en Europe pourrait aider Bruxelles à faire face aux distorsions systémiques apportées par des pays comme la Chine, notamment en ce qui concerne la sous-évaluation persistante du yuan.
En France, des voix, comme celle du Haut-Commissaire au plan, Clément Beaune, ont averti que la concurrence chinoise représente à présent une menace existentielle pour certaines industries européennes. Dans un rapport récent, il a même plaidé pour des droits de douane de 30% sur les produits chinois.
Macron entend aborder cette question lors de la prochaine réunion du G7, prévue à Évian-les-Bains du 15 au 17 juin. Au cours de son intervention, il a également annoncé un investissement supplémentaire de 1,55 milliard d'euros dans les domaines du quantique et des semi-conducteurs, soulignant l'importance de renforcer la compétitivité de l'Europe face aux géants technologiques internationaux.
Ces mesures font écho aux efforts croissants de l'UE pour muscler sa position face à des concurrents extérieurs. Le contexte économique mondial complexe oblige l'Union à se réinventer pour protéger ses intérêts stratégiques.







