ÉDITO. Aujourd'hui encore, une histoire partagée et des enjeux religieux complexes tissent des liens entre la France et le Liban, un pays pris dans un conflit sans fin, pris entre les hostilités du Hezbollah, les frappes israéliennes et des tensions géopolitiques grandissantes.
Le Liban évoque des souvenirs poignants, celui d'un drapeau arborant un cèdre vert entre deux bandes rouges. Une image familière aux Français, notamment sur la carrosserie des voitures ou dans les chambres d'adolescents. Comme le souligne Valeurs actuelles, la France pleure aujourd'hui un Liban meurtri, au bord de l'abandon.
Un lien historique indéfectible
Les racines de cette alliance remontent à des temps anciens, où les rois de France se posaient comme protecteurs des communautés chrétiennes au sein de l'Empire ottoman. Cette relation continue au XIXe siècle, marqué par les massacres maronites, lorsque Napoléon III envoie des troupes pour protéger ce qui est considéré comme un bastion spirituel.
Après la Première Guerre mondiale, le mandat français conféré par la Société des Nations renforce encore les liens avec la France. Sous l'autorité du général Gouraud, un projet de construction d'écoles et d'institutions politiques écoute l'histoire marquée par la présence française. Le français devient la langue de la culture, influençant la littérature libanaise, comme l'illustre l'auteur primé Amin Maalouf, dont le roman Le Rocher de Tanios a ravi le public.
Les souvenirs s'accompagnent de douleurs. Les attentats ayant visé les phalangistes chrétiens minent les espoirs d'un Liban pro-occidental. L'attentat du Drakkar, en 1983, reste gravé dans les mémoires, endeuillant à jamais les rangs de l'armée française. Depuis les années 1970, le Liban, théâtre de guerres civiles et d'autres affrontements, illustre désormais un exemple de ce que signifie la "libanisation" de la France, suggérant un héritage dégradé d'une coexistence autrefois prometteuse entre les différentes communautés.
Alors que le Liban est devenu une victime collatérale de la guerre en Iran, Valeurs actuelles se doit de rester fidèle à sa mémoire.







