Quarante ans après son adoption, la loi littoral est en pleine révision au sein du Parlement. Des élus corses souhaitent saisir cette opportunité pour réadapter le texte aux défis administratifs et économiques particuliers de l'île.
Lors d'une rencontre au village de Sarra-Di-Ferro, une trentaine de représentants des 80 municipalités littorales se sont mobilisés sous l'égide de Jean-Charles Orsucci, le nouveau président de l'Association Nationale des Élus Littoraux. Il affirme : “Notre objectif est de parvenir à un consensus afin d'éviter les malentendus et les interprétations erronées.”
Cette association, qui regroupe une quarantaine de partenaires, œuvre sur divers aspects de la gestion du littoral, incluant l'aménagement des digues et la police maritime. Toutefois, la révision de la loi littoral reste la priorité actuelle. Ce texte est souvent critiqué pour ses contraintes qui impactent les décisions communales et intercommunales.
En Corse, la gestion du domaine maritime alimente de vifs débats. Cela inclut la nécessité d'adapter les dispositions légales face à l'évolution du trait de côte et aux enjeux économiques. Orsucci souligne : “Nous ne cherchons pas à révolutionner la loi littoral, mais à la rendre plus pertinente face aux problématiques contemporaines.”
D'autres élus, comme Jean-Christophe Angelini, maire de Porto-Vecchio, et Pascaline Castellani, maire de Piana, rejoignent cette démarche. Ils s'accordent sur la nécessité de modifier certaines règles, perçues comme un frein à l'économie locale.
Au niveau sénatorial, Jean-Jacques Panunzi prévoit d'interpeller ses collègues sur ces questions lors des auditions d'élus locaux. Un exemple marquant est celui d'une paillotte à Sari-Solenzara, dont la démolition est ordonnée par le Conseil d'État : “Nous devons envisager la re-délimitation du domaine public maritime là où il y a des conflits potentiels,” déclare-t-il.
Paul-Félix Benedetti, maire de Sartène, plaide pour une adaptation globale des règles littorales. Il suggère : “Il est crucial d’obtenir des dérogations adéquates afin d’éviter de criminaliser des occupations légitimes du domaine public.”
Les discussions s'orientent également vers la création d'un fonds national destiné à lutter contre l'érosion littorale. Cela pourrait permettre aux communes de renforcer leurs infrastructures sans peser sur leur budget. Sophie Panonacle, députée de Gironde et membre de l'ANEL, a déclaré qu'elle avait une opportunité d’intégrer ces réflexions dans le projet de loi de finances.
Afin de faire avancer ces initiatives, l'association des élus littoraux en France compte sensibiliser la ministre de la mer sur ces enjeux cruciaux.







