Cinq membres de La France Insoumise (LFI) ont décidé de porter plainte à Paris le vendredi 10 avril, suite à la réception d'un courrier à l'Assemblée nationale s'attaquant à eux de manière raciste. Ces élus, dont la voix s'est élevée contre des « injures publiques à caractère raciste », expriment leur vive indignation.
Aly Diouara, un député de Seine-Saint-Denis, a partagé son désarroi sur X, déclarant : « Ça fait bientôt deux ans. Deux ans de haine : courriers et appels racistes, négrophobes, islamophobes, insultes, menaces de mort à l’Assemblée comme chez moi. Voilà la réalité d’un.e élu.e noir.e en France en 2026. »
Comme rapporté par France Info, Diouara, accompagné de ses collègues Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli et Bally Bagayoko, a signalé ce délit basé sur « injures publiques à caractère raciste ».
Le courrier en question comportait une illustration modifiée de la bande dessinée "Tintin au Congo", où des phrases racistes étaient accrochées. Des commentaires tels que « LFI ? Y’en a bon pou’ nous Bwana » et « Nadège Abomangoli / Carlos Martens Bilongo / Aly Diouara / Danièle Obono échappés du zoo de Beauval » apparaissaient dans cette lettre pernicieuse. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée, a condamné fermement cet acte dans un communiqué publié sur X.
Un « document odieux, à caractère ouvertement négrophobe »
Mathilde Panot a souligné que « une telle attaque, raciste, négrophobe, […] est absolument inacceptable et appelle une condamnation unanime de l’ensemble de la classe politique. Ce document odieux, à caractère ouvertement négrophobe, met en scène des personnes noires de manière déshumanisée et primitive. »
Panot a également averti que les médias et le gouvernement portent une certaine part de responsabilité. Elle a affirmé que « les clichés coloniaux véhiculés par certains médias et responsables politiques contribuent directement au climat de haine et au harcèlement. Le laisser-faire du gouvernement produit une totale impunité. »
Selon une enquête de la Licra publiée le 9 avril, 46 % des Français affirment avoir été victimes de racisme au cours de leur vie, un chiffre révélateur du climat actuel.
Cette situation continue d'exacerber les tensions au sein de la société française, et plusieurs élus se joignent à la lutte contre ces injustices. Une manifestation est prévue ce samedi 4 avril, avec des rassemblements pour dénoncer ces actes inacceptables.







