« Non à la haine » : ce samedi 28 mars, la capitale britannique a vu défiler des milliers de personnes dans le cadre d'une marche organisée par divers collectifs d'associations et de figures de la gauche, a rapporté l'Agence France-Presse (AFP). Selon les estimations, la police a enregistré environ 50 000 participants à cet événement marquant.
Cette manifestation fait suite à un rassemblement controversé dirigé par l'agitateur d'extrême droite Tommy Robinson, qui, six mois plus tôt, avait attiré plus de 150 000 personnes. Le climat politique est particulièrement tendu, avec la montée en puissance du parti d'extrême droite Reform. Robinson lui-même a déjà annoncé un nouveau rassemblement prévu pour le 16 mai.
La marche a été orchestrée par la Together Alliance, un collectif réunissant des organisations comme Amnesty International, le syndicat Unite et l’association antiraciste Stand Up to Racism. Elle est présentée comme « la plus grande mobilisation contre l'extrême droite dans l'histoire du Royaume-Uni ».
Les manifestants se sont regroupés près d’Hyde Park pour se diriger vers Whitehall, siège des principales institutions britanniques. Au milieu des slogans tels que « Non au racisme » et « Vous ne pouvez pas nous diviser », des figures politiques emblématiques, dont Zack Polanski, dirigeant des Verts, et l’ancien leader du Labour Jeremy Corbyn, étaient également présents.
Crainte de voir Nigel Farage arriver au pouvoir
Emily Roth, une étudiante en droit international, a fait le trajet depuis Édimbourg pour protester contre « le climat toxique mondial ». Son amie, préférant rester anonyme, partage son inquiétude : « Nous vivons une période très dangereuse, où certains hommes politiques d'extrême droite cherchent à diviser la société ».
Robert Gadwick, un homme de 48 ans, venu de Bath, s'inquiète de l'ascension possible de Nigel Farage, le chef de Reform. « Nous avons déjà vécu cela avec le Brexit : les mêmes mensonges, et pourtant certaines personnes choisissent de les croire », a-t-il exprimé, préoccupé par la domination de son parti dans les intentions de vote.
La manifestation a également révélé le sentiment d'aliénation d'une partie de la population vis-à-vis du Labour. Rose Batterfield, retraitée de Stratford-upon-Avon, a affirmé ne plus se reconnaître dans le parti et a exprimé sa stupeur face aux mesures migratoires actuelles. « Utiliser des politiques d'extrême droite pour contrer l'extrême droite est absurde », a-t-elle déclaré à l'AFP.
Le Premier ministre, Keir Starmer, élu en juillet 2024, a placé la lutte contre l'immigration au cœur de son agenda politique. En novembre dernier, il a annoncé de vastes réformes de la politique d'asile, cherchant à dissuader les migrants de traverser la Manche sur des embarcations précaires. Les prochaines élections locales, programmées pour le 7 mai, pourraient bien façonner le paysage politique à venir.







