Le 27 mars 2026, l'association Asalée a été placée en redressement judiciaire, selon Me Thomas Hollande, avocat du comité social et économique. L'objectif est de sécuriser le versement des salaires dus à ses employés.
L'association, active dans le secteur de la santé au bénéfice de patients atteints de pathologies chroniques, a été régie par le tribunal des affaires économiques de Paris. Ce dernier a décidé de retirer la direction de l'association et a nommé deux administratrices judiciaires, Me Hélène Bourbouloux et Me Alexandra Blanch, pour gérer la situation. « Il est impératif d'assurer rapidement le paiement des salaires pour le mois de mars », a déclaré l’avocat.
Installée en 2004 dans les Deux-Sèvres, l'association Asalée emploie environ 2.000 infirmières qui collaborent avec des médecins libéraux pour le suivi des patients. Malheureusement, elle est en lutte ouverte avec les autorités et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), son unique source de financement, qui s'élève à 100 millions d'euros par an. Le redressement judiciaire était anticipé après l'interruption des paiements le 6 mars.
Des retards préoccupants dans le paiement des cotisations sociales
La CFDT Santé-Sociaux a salué le jugement, notant que les employés devraient rapidement bénéficier de la garantie sur les salaires (AGS). « Cela va permettre de recouvrer les sommes dues dans de brefs délais », a affirmé le syndicat. En juillet dernier, le gouvernement avait insisté sur la nécessité pour l'association de revoir sa gestion après un rapport sévère de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).
Bien que l'Assurance-maladie ait rétabli son financement, la situation s'est détériorée et aucun versement n'a été effectué depuis décembre. Thomas Fatôme, le directeur de la Cnam, a exprimé son inquiétude : « Plus de six mois après le rapport, l'association demeure dépourvue quant au règlement de ses cotisations sociales et ne respecte pas les normes de la commande publique, y compris la prévention des conflits d'intérêts. »
Jeudi, les infirmières, exaspérées par l'absence de rémunération, ont organisé des manifestations à travers la France. « Nous travaillons dans un état de choc », a déclaré une infirmière de Smarves lors d'une mobilisation à Poitiers, tandis qu'une collègue à L’Île-Bouchard a ajouté : « On entend tout et n’importe quoi concernant l’association. »







