Depuis début mars, le méthanier russe M.T. Arctic Metagaz est à la dérive au large des côtes siciliennes, une situation alarmante après une potentielle attaque ukrainienne. À son bord, on estime qu'il transporte près de 750 tonnes de fioul et de gazole, soulevant des inquiétudes concernant une catastrophe écologique majeure.
Le 16 mars, la diplomatie russe a révélé que le méthanier, ayant quitté Mourmansk pour Port-Saïd en Égypte, abrite une quantité considérable de carburant : 450 tonnes de fioul lourd et 250 tonnes de gazole. Selon Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, une quantité importante de gaz naturel liquéfié se trouverait également à bord.
La Russie a accusé l'Ukraine d'avoir mené l'attaque via des drones lancés depuis les côtes libyennes. Cette attaque fait partie des efforts de Kiev pour cibler les infrastructures énergétiques russes. Bien que Moscou affirme que l'équipage de 30 membres ait été secouru, le navire demeure abandonné et à la dérive.
Un risque environnemental « potentiellement irréversible »
Maria Zakharova a signalé une situation alarmante : le navire présente de graves dommages, incluant des fuites de gaz, une gîte accentuée et des foyers d'incendies localisés. L'autorité portuaire libyenne rapportait des explosions dans la nuit du 3 au 4 mars, indiquant que le navire avait été en proie à un violent incendie conduisant à son état actuel.
En images, l'Agence France-Presse a documenté l'état du navire, montrant des zones noircies par le feu avec des perforations dans la coque, flottant entre la Sicile et la Tunisie, à proximité de Linosa.
Alfredo Mantovano, secrétaire d’État à la présidence du conseil italien, a qualifié la situation de « bombe environnementale » sur Radio 24. Il a exprimé des préoccupations quant à l’incapacité d'approcher le navire, qui pourrait exploser à tout moment.
« Un risque imminent et grave »
Dans une lettre adressée à la Commission européenne, la France, l'Italie et d'autres pays européens ont tiré la sonnette d'alarme sur la situation. Ils annoncent que l'état dégradé du navire et la nature de sa cargaison créent un « risque imminent et grave de catastrophe écologique majeure » en plein cœur du dispositif maritime de l'Union.
Insistant sur l'urgence, l'ONG WWF souligne que les fuites de gaz ou de carburant pourraient provoquer « des nuages cryogéniques mortels ainsi que d'importantes pollutions durables » dans un écosystème déjà fragile et riche en biodiversité. Le risque est d'autant plus préoccupant compte tenu des dommages latents que de telles fuites pourraient entraîner.
Rappelons qu'en décembre 2024, un précédent naufrage d’unités de la flotte fantôme russe avait déjà causé des déversements de mazout dans le détroit de Kertch, témoignant d'un précédent alarmant dans la gestion des accidents maritimes en lien avec cette flotte.







