À Stuttgart, trois citoyens ukrainiens sont actuellement en procès, soupçonnés d'avoir orchestré des actes de sabotage en faveur de la Russie. Les accusations, portées par le parquet, évoquent des tentatives de mise en place d'« attaques hybrides » visant à déstabiliser à la fois l'Allemagne et l'Ukraine.
Daniil Bielskyi, 22 ans, Vladyslav Tkachenko, 25 ans, et Yevhen Bezchasnyi, 30 ans, tenteraient d'expédier des « colis piégés » contenant des engins incendiaires, destinés à provoquer des incendies tant en Allemagne qu'en Ukraine. Selon les autorités, ces engins étaient destinés à causer des dommages considérables.
Le procureur fédéral, Geerd Kaiser, a précisé que des « tests de colis » avaient été réalisés en mars 2025, avec des envois effectués depuis Constance et Cologne. Ces tests comprenaient des pièces automobiles et des dispositifs de localisation conçus pour surveiller les routes logistiques et éventuellement découvrir des cibles prioritaires.
Les trois suspects sont accusés d’« entente en vue de commettre un incendie criminel aggravé » et d’« activité d’agent à des fins de sabotage ». En outre, Bielskyi et Bezchasnyi font face à des accusations d'« activité d'agent de renseignement » pour le compte d'un service russe.
Lors de la première audience du procès, prévue jusqu'en septembre, Martin Heising, l’avocat de Tkachenko, a plaidé la faiblesse des preuves présentées, notamment les conversations via l'application Telegram. Il a suggéré que son client n'avait pas conscience de la nature criminelle de ses actes, arguant qu'il n'avait joué qu'un rôle d'« aide » sans intention malveillante.
Le contexte de ce procès est marqué par des accusations croissantes de la part du gouvernement allemand, qui accuse Moscou de planifier des sabotages contre l'Allemagne et ses alliés. Ces actes de sabotage, selon les autorités, varieraient entre des attaques sur les infrastructures, comme les câbles de communication ou les lignes ferroviaires, et incluraient des survols par des drones.
Les procureurs ont affirmé que ces activités avaient été ordonnées par un service de renseignement russe, avec l'intention de déstabiliser la sécurité publique allemande, sentiment d'insécurité que le gouvernement cherche à minimiser. Il a de plus été évoqué un incident antérieur survenu en juillet 2024 à Leipzig, où un colis avait pris feu dans les locaux de DHL, incident également attribué à des manigances russes.
Récemment, une ressortissante germano-ukrainienne a aussi été arrêtée pour avoir prétendument fourni des informations à l'ambassade russe, notamment sur l'assistance militaire allemande en soutien à l'Ukraine.
Face à ces préoccupations, le parlement allemand a récemment voté en faveur d'une législation renforçant la protection des infrastructures critiques, en réponse à la menace perçue. Le gouvernement de Friedrich Merz, prenant le pouvoir au printemps 2025, a pour priorité la modernisation des forces militaires et la sécurisation des infrastructures face à la menace russe.
De son côté, Moscou rejette fermement ces allégations, affirmant que ce sont les États-Unis et leurs alliés qui mettent en péril la sécurité en Europe.







