Lors d'une manifestation illuminée par les espoirs de la gauche, près d'un millier de personnes s'est regroupé lundi soir devant le siège de campagne de Benoît Payan à Marseille. Leur objectif : persuader le maire sortant de reconsidérer son refus d'une alliance avec les Insoumis pour le second tour des municipales. Toutefois, ces efforts se sont soldés par un échec. Contrairement à d'autres candidats, Benoît Payan a décidé de rester fidèle à ses convictions.
Dans un retournement inattendu, Sébastien Delogu, arrivé quatrième avec 11,94 % des voix, a choisi de se retirer et de laisser la voie libre à Payan. Ce geste vise à éviter de favoriser la victoire du candidat du Rassemblement national, Franck Allisio. Le député LFI a affirmé avec fermeté : « Marseille ne doit jamais tomber entre les mains de l'extrême droite ».
Tout en évitant d'appeler explicitement à voter pour Payan, Delogu a chaleureusement exhorté ses électeurs à ne pas abandonner la lutte antifasciste. En parallèle, il a critiqué le maire, affirmant que son attitude irresponsable imposait à la gauche de prendre ses responsabilités face à l'extrême droite. « Face à l'irresponsabilité d'un homme, nous serons responsables pour un million », a-t-il déclaré.
Jean-Luc Mélenchon a aussi apporté son soutien à Delogu, se moquant de l'attitude de Payan, qu'il qualifie de « sectarisme aveuglé et d'arrogance ». Pour lui, rien n'empêche Delogu et ses colistiers d'assumer la responsabilité de défendre Marseille contre l'extrême droite.
Un chemin semé d'embûches
En tête avec 36,70 % des voix, Payan avait fermement rejeté, dès le dimanche soir, la « main tendue » de LFI. Il a qualifié cette offre de main « ayant donné des coups de poing pendant des mois », pour ensuite récemment se rétracter aux discussions. Avec son équipe, il a déposé une liste inchangée en préfecture dès le lundi matin.
Franck Allisio, de son côté, a insinué que le retrait de Delogu prouvait un accord secret entre les Insoumis et la gauche. Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, évoque également de possibles arrangements entre amis, remettant en question la légitimité de la candidature de Payan.







