Le 29 janvier 2026, l'Union européenne a officiellement ajouté les Gardiens de la révolution islamiques (IRGC) d'Iran à sa liste d'organisations terroristes, a annoncé la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas. « Si vous agissez en terroriste, vous devez aussi être traité comme tel », a-t-elle déclaré à la presse, réaffirmant la fermeté de Bruxelles face aux accusations de répression intérieure et d'activités déstabilisatrices à l'étranger.
Quelles mesures concrètes ?
La décision prévoit des sanctions ciblées visant une vingtaine d'entités et d'individus liés aux Gardiens, notamment le gel d'avoirs et une interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE. Selon l'AFP, il s'agit d'environ 21 personnes et entités visées par cette extension des mesures.
Parallèlement, Bruxelles a adopté des mesures contre une dizaine d'acteurs iraniens accusés d'avoir fourni des drones ou d'autres matériels militaires à la Russie pour son offensive en Ukraine. Ce volet militaire des sanctions souligne l'ambition de l'UE de sanctionner non seulement les atteintes aux droits humains mais aussi les transferts d'armement internationaux — un point détaillé par France 24.
Une décision mûrie au sein de l'UE
L'initiative avait été portée en coulisses par plusieurs capitales. L'Italie a fait part de son intention de proposer la mesure à ses partenaires, tandis que la France a apporté un soutien décisif à l'inscription, rapportent Le Monde et d'autres médias français. La décision illustre un alignement européen plus ferme face au régime de Téhéran après la répression des mouvements populaires et le rôle régional contesté des Gardiens.
Motifs : répression intérieure et activités extérieures
Des organisations de défense des droits humains accusent l'IRGC d'avoir orchestré une répression sanglante contre le vaste mouvement de contestation qui a secoué l'Iran, faisant selon certaines estimations des milliers de victimes. Les ONG ont fondé une partie de leurs plaintes sur des enquêtes et témoignages repris par Human Rights Watch et par la presse internationale.
Dans le même temps, l'IRGC est pointé du doigt pour son rôle dans le soutien d'acteurs régionaux et pour des transferts d'équipements militaires — un argument qui a pesé dans la décision européenne, selon RFI.
Réactions et risques de riposte
Téhéran a immédiatement averti de « conséquences destructrices » en cas d'inscription, une mise en garde relayée par l'agence AFP. Les analystes estiment que l'Iran pourrait répondre par des mesures diplomatiques, économiques ou par une intensification de son soutien à des groupes alliés au Proche-Orient.
Un diplomate européen, cité par Le Monde, a évoqué le risque d'une montée des tensions mais a souligné que l'UE a cherché à calibrer ses mesures pour limiter les conséquences humanitaires sur la population iranienne.
Analyses d'experts
Pour l'Ifri, l'inscription marque un tournant symbolique autant que pratique : « il s'agit d'affirmer une ligne politique claire contre des pratiques répressives et des trafics d'armement », explique un chercheur du think tank. Il ajoute que l'impact réel dépendra de la mise en application des gels d'avoirs et de la coopération des banques et États tiers.
Un expert en sécurité internationale interrogé par France 24 souligne que la mesure complique les canaux financiers et logistiques des Gardiens, mais avertit qu'une désignation ne suffit pas : « pour être efficace, il faut un suivi serré, des arrestations, et la coopération internationale », précise-t-il.
Effets pratiques pour l'Union européenne et au-delà
Concrètement, les personnes et entités figurant sur la liste verront leurs avoirs en Europe gelés, leurs comptes bancaires bloqués et leurs déplacements vers l'espace Schengen interdits. Les entreprises européennes devront renforcer leurs contrôles pour éviter toute transaction illicite avec des entités liées à l'IRGC.
Sur le plan diplomatique, l'inscription risque d'envenimer les relations entre l'UE et l'Iran, déjà tendues. Elle pourrait aussi compliquer les discussions sur d'autres dossiers, comme la sécurité régionale et les programmes nucléaires, et peser sur les efforts de médiation menés par certains États membres.
Où va mener cette décision ?
La désignation des Gardiens comme organisation terroriste inscrit l'UE dans une trajectoire de pression accrue sur Téhéran. Reste à voir si ces sanctions réduiront concrètement les capacités opérationnelles de l'IRGC ou provoqueront au contraire une réaction en chaîne sur la scène régionale. Les prochaines semaines permettront d'évaluer l'application pratique des mesures et la réponse iranienne, sur fond d'inquiétudes pour la stabilité au Proche-Orient.
Pour suivre l'évolution : consultez les communiqués officiels du Conseil de l'Union européenne et les analyses des principaux médias et think tanks cités dans cet article.







