Les manifestations pacifiques à travers l'Iran, ayant débuté le 28 décembre, s'intensifient malgré une répression sévère. Selon plusieurs rapports d'organisations locales, le bilan humain s'élève à au moins 192 morts, un chiffre qui contraste avec les déclarations officielles. Le climat d'angoisse qui règne dans le pays est exacerbé par la coupure d'Internet décrétée par les autorités pour étouffer les voix contestataires, comme l'indique l'ONG NetBlocks.
Au cœur de cette mobilisation, la colère des citoyens face à la hausse exponentielle des prix et à la dévaluation de la monnaie nationale. Ces revendications ont pris de l'ampleur à Téhéran et dans d'autres villes, provoquant des manifestations de grande envergure. Les marchands, à l'origine des premiers rassemblements, ont vu leur cri de détresse largement soutenu par la population.
Face à la situation, des milliers de manifestants ont défilé à Téhéran, scandant des slogans anti-gouvernementaux. Les autorités ont réagi avec une répression brutale, annonçant « des arrestations importantes » qui ne font qu'accroître le climat de peur. Le président Pezeshkian s'est engagé à s'exprimer dans une interview télévisée pour aborder la crise économique, mais les experts interrogés par L'Humanité estiment que ces discours risquent de ne pas apaiser un peuple déjà à bout.
Depuis 1979, l'Iran n'avait pas connu une telle vague de mécontentement. Les analystes craignent que la répression actuelle ne se transforme en un conflit ouvert avec des conséquences imprévisibles pour le pays. Comme l’a souligné un économiste local, « la coupure d'Internet n'est pas seulement une tentative de contrôler l'information, mais aussi un symptôme de la peur que ressent le régime face à son propre peuple ».
Malgré les menaces, le peuple iranien continue de revendiquer ses droits, soulignant ainsi les fractures profondes au sein de la société. Les jours à venir seront décisifs pour l'avenir de ce pays, alors que la communauté internationale suit la situation de près, appelant à la retenue et à un dialogue ouvert entre le gouvernement et la population.







