Dans un contexte de tensions croissantes, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a affirmé mardi que "personne d'autre que le gouvernement vénézuélien ne gouverne le pays". Cette déclaration fait suite à l'enlèvement de Nicolas Maduro, cherchant à sécuriser le soutien national et international à son administration à la suite d'une intervention américaine orchestrée par Donald Trump.
Rodriguez, récemment élue, a réagi aux commentaires de Trump, qui affirmait que Washington contrôlait la situation au Venezuela et menaçait Rodriguez de conséquences si elle ne se conformait pas aux directives américaines. "Nous sommes un pays souverain, et notre gouvernement est légitime", a-t-elle déclaré dans une tournure ferme indiquant le rejet de l'ingérence étrangère.
Peu après, Trump a révélé que le Venezuela prévoyait de livrer entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, promettant que les revenus seraient gérés directement par ses services. "Ce pétrole est une ressource essentielle, et il sera vendu au prix du marché pour bénéficier aux populations", a-t-il ajouté, en reconnaissant l'importance des réserves pétrolières vénézuéliennes, parmi les plus grandes au monde, selon des rapports de l'Le Monde.
La crise a aussi révélé des fissures au sein de la société vénézuélienne. Alors que Rodriguez nomme de nouveaux responsables, tels que Calixto Ortega Sanchez au secteur économique, et décrète sept jours de deuil pour les victimes de l'opération américaine, les voix de l'opposition continuent de se faire entendre. Maria Corina Machado, chef de l'opposition, se prépare à retourner au pays, tandis que les récentes violences ont laissé des "dizaines de victimes", a signalé le procureur général Tarek William Saab.
Cuba, alliée du Venezuela, a également annoncé la mort de plusieurs de ses agents de sécurité, intensifiant encore davantage les tensions sur la scène internationale. L'ONU a condamné cette intervention, soulignant qu’elle porte atteinte à la souveraineté vénézuélienne et à des principes fondamentaux du droit international.
Les difficultés économiques et politiques s’aggravant, le pays, noté comme un des plus touchés par la crise, cherche à sortir de cette impasse. Des experts, comme l'analyste politique José Manuel Puerta, expriment leurs craintes quant à l'impact d'une telle intervention sur la stabilité régionale. "Il est essentiel de trouver une solution pacifique qui respecte la volonté du peuple vénézuélien", souligne-t-il dans ses travaux publiés sur France 24.
Dans les rues de Caracas, les tensions demeurent palpables, et la peur de la répression prédomine. Cependant, certains citoyens comme Evelyn Cardenas, s’exprimant à la frontière colombienne, affirment que "la plupart des Vénézuéliens sont contents de la chute de Maduro, mais nous avons peur de le dire à haute voix". Le syndicat de la presse vénézuélienne a également alerté sur des arrestations de journalistes dans un climat de censure renforcée.







