Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a cessé de porter un œil attentif sur le Groenland, une vaste île arctique riche en ressources naturelles encore largement inexploitées et d’une importance stratégique clé. Après des tensions récentes liées à une opération militaire américaine au Venezuela, le président a réitéré ses propos concernant l’"annexion" de ce territoire, provoquant la colère du gouvernement danois.
Sur les réseaux sociaux, Jens Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais, a exprimé son exaspération face à ces menaces répétées, affirmant : "Nous ne sommes pas à vendre. Nous voulons décider seuls de notre avenir." Le Groenland, qui est un territoire autonome du Danemark depuis 1979, abrite environ 57.000 habitants et est d'autant plus convoité à la lumière de son potentiel minier, notamment en terres rares.
Les États-Unis y maintiennent déjà une base militaire stratégique, héritage de la guerre froide, et les experts s’accordent à dire que le Groenland offre trois intérêts géostratégiques majeurs. Cyrille Bret, expert à l’Institut Montaigne, souligne que cette île est cruciale pour le contrôle militaire dans l'Atlantique Nord. Elle représente un point névralgique pour surveiller les mouvements maritimes de la Russie, notamment ceux de la marine basée à Mourmansk, mais également les ambitions militaires croissantes de la Chine.
Les craintes d’un accès accru des puissances rivales à la région poussent les États-Unis à envisager une expansion de leur influence dans l'Arctique, comme l’a déjà évoqué le National Interest. Ainsi, l'annexion du Groenland pourrait être perçue comme une manière de contrecarrer ces menaces géopolitiques, en facilitant le déploiement toujours plus stratégique des forces américaines dans l’une des zones les plus stratégiques du monde.
Néanmoins, la problématique des relations entre le Groenland et les États-Unis demeure complexe. Comme l’a expliqué le géopolitologue Michel Foucher, "le Groenland est davantage qu’une simple ressource ; il incarne une question d'identité et de souveraineté pour ses habitants, qui aspirent à des termes d’échanges respectueux et égalitaires". Alors que les menaces d’annexions se succèdent, un dialogue ouvert et constructive semble plus que jamais nécessaire pour préserver la paix et le respect des droits du Groenland.







