Pourquoi utilise-t-on l'expression "poser un lapin" lorsqu'un rendez-vous n'est pas respecté ? Cette formule du français pourrait remonter à un jeu de foire médiéval, avant de se préciser au XIXe siècle pour acquérir le sens que nous lui attribuons aujourd'hui.
Lorsque l'on évoque un rendez-vous manqué, la phrase "Je me suis fait poser un lapin" est souvent prononcée. À l'inverse, l’absent peut aussi affirmer : "J'ai posé un lapin". Bien que cette expression soit familière, son origine est intrigante. Pourquoi un lapin ? Quel message se cache derrière cette image dans notre langue pour évoquer une promesse non tenue ?
Pour comprendre, il faut remonter à l'époque médiévale. Les foires de cette période, très prisées, proposaient divers jeux de hasard. L'un d'eux consistait à viser un lapin placé sur un tourniquet, semblable à un chamboule-tout. Le joueur susceptible d'atteindre l'animal pouvait le gagner.
À cette époque, le lapin était un prix de choix. Sa chair pouvait être consumée, et sa fourrure servie. Cette récompense revêtait donc une grande valeur. Cependant, comme dans beaucoup de jeux de foires, les chances de gagner étaient minces. Le lapin, difficile à toucher, était rarement remporté par les participants.
Le symbole d’une promesse qui n’aboutit pas
C'est à ce moment que l'expression prend toute son ampleur symbolique. Le lapin devient le représentant d'une promesse défaillante. En d'autres termes, il illustre une attente frustrée. Ainsi, le "poseur de lapin" désigne à l'origine celui qui fait miroiter une récompense qui ne se matérialise pas.
Ce symbole a perduré, même si son usage a évolué avec le temps. Avant de s'appliquer à une absence au sens large, l'expression a connu un usage plus ciblé au XIXe siècle. À cette époque, un "poseur de lapin" était un homme qui ne s'acquittait pas du paiement envers les prostituées, illustrant encore une fois l'idée que quelque chose est espéré, promettant d'être là, mais n’arrive finalement pas. D'après une étude de Le Monde, cette connotation souligne la déception inhérente à certaines interactions humaines.







