Les forces de sécurité syriennes ont annoncé, jeudi, avoir arrêté des individus soupçonnés d'appartenir à une cellule affiliée à l'organisation Etat islamique (EI), suite à deux attentats à la bombe qui ont eu lieu à Damas durant la visite du président français Emmanuel Macron.
"Nous avons appréhendé les responsables des attaques qui ont visé Damas il y a deux jours", a déclaré Anas Khattab, ministre de l'Intérieur, sur le réseau social X.
Il a ajouté : "Une fois l'enquête achevée, nous informerons le public sur les identités des membres de cette cellule, ainsi que sur leurs rôles et leurs connexions".
Ahmad al-Dalati, le patron de la sécurité intérieure dans la région de Damas, a révélé à la télévision d'État que les premières investigations indiquent que la cellule est liée à l'EI.
Les suspects ont été interceptés dans plusieurs endroits de Damas et ses environs, avec des opérations menées dans quatre quartiers spécifiques, dont deux sont habités par des membres de la communauté alaouite, à laquelle appartient le clan de l'ancien président Bachar al-Assad.
Mardi dernier, deux bombes artisanales ont explosé simultanément, causant la mort d'une personne et blessant 36 autres. L'une des bombes était cachée dans une benne à ordures, tandis que l'autre était dissimulée dans un véhicule près de l'hôtel Four Seasons où M. Macron séjournait.
Des journalistes de l'AFP ont rapporté la présence de traces de sang sur le trottoir à proximité de l'hôtel et des vitres du ministère du Tourisme brisées.
Pendant ce temps, Emmanuel Macron s'entretenait déjà avec son homologue, Ahmad al-Chareh.
Dans une conférence de presse conjointe qui a suivi l'explosion, Macron a souligné que ces attaques ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, encore marquée par une guerre civile qui a duré près de 14 ans (2011-2024).
Ahmad al-Chareh a salué le "courage" de Macron pour avoir poursuivi sa visite malgré les attentats.
Les deux pays ont convenu de rétablir leurs relations diplomatiques au niveau ambassadeur "dans les meilleurs délais", selon Chareh.
Il s'agit de la première visite d'un dirigeant occidental depuis l'accession au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de conflit.
Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à recevoir Ahmad al-Chareh à l'Élysée en mai 2025.
La Syrie, soutenue par les États-Unis, a rejoint l'année dernière la coalition internationale contre l'EI.
Le groupe jihadiste avait pris le contrôle de vastes territoires en Syrie en 2014, mais a été défait en 2019. Cependant, il reste des cellules dormantes actives, appelant à défier le gouvernement.
Récemment, Damas a été le théâtre de plusieurs incidents, dont un attentat à la bombe dans un café le 2 juillet, faisant dix victimes et une vingtaine de blessés.







