Jeudi, des altercations ont éclaté devant le parlement d'Albanie, à Tirana, où les manifestations prennent de l'ampleur contre un projet immobilier touristique financé par la famille Trump. Cette dernière vise à établir un complexe hôtelier de luxe sur la côte sud-ouest albanaise, à Zvernec, en relation avec Ivanka Trump et son époux, Jared Kushner.
Les rassemblements, qui durent depuis la fin mai, attirent de plus en plus d'opposants au projet, ciblant non seulement la construction mais aussi les implications de corruption qui l'entourent. Récemment, de vastes foules ont tenté de s'approcher du parlement pour faire entendre leur voix. Des milliers de manifestants se sont heurtés à des forces de police anti-émeute, générant des tensions palpables et plusieurs arrestations, comme en témoignent des journalistes de l'AFP sur le terrain.
Pour évacuer la foule, les autorités ont eu recours à des gaz lacrymogènes et à un canon à eau, alors que certains manifestants cherchaient à franchir les barrières. Neuf agents ont été blessés par des projectiles, et des dégâts matériels ont également été rapportés sur des véhicules de police stationnés à proximité.
Cet incident fait suite à l'arrestation de six manifestants, qui avaient auparavant lancé des œufs sur les voitures des députés en signe de protestation. Bien que des actes de violence aient eu lieu, la majeure partie des manifestations s'est révélée pacifique, rassemblant des milliers de personnes dans les rues depuis l'émergence du mouvement.
Le projet de complexe touristique, dévoilé pour la première fois en 2024, a rapidement suscité l'opposition des habitants, exacerbée par l'apparition de clôtures en barbelés et de bulldozers sur les plages locales. Les manifestants dénoncent cette initiative comme un symbole de la corruption systémique en Albanie et exigent la démission du Premier ministre Edi Rama, évoquant un manque flagrant de transparence dans le processus décisionnel.
Les voix s'élèvent de plus en plus pour dénoncer la collusion perçue entre les élites politiques et les investisseurs étrangers, et les événements récents à Tirana illustrent un mécontentement croissant face à cette situation. Le combat contre ce projet immobilier pourrait devenir un point de départ pour un changement plus profond dans la société albanaise.







