Le ministère de l’agriculture est en gestion de crise pour aider le monde agricole à traverser cette canicule qui a de grandes répercussions sur les élevages et met en péril un grand nombre de cultures.
« Nous sommes en mode crise depuis samedi. » En ces termes, les représentants du ministère de l’Agriculture décrivent l'angoisse qui s'est installée dans le secteur agricole face à ce phénomène caniculaire inédit touchant la France depuis plusieurs jours.
Le stress hydrique impacte de nombreuses régions et perturbe les élevages. Le ministère tente également de prévoir les conséquences futures, car le retour des températures plus modérées en fin de semaine ne s'accompagnera pas forcément de pluie.
Rendements en forte baisse
Les effets de cette canicule auront des conséquences significatives pour le reste de l’été, comme le confirme un conseiller du ministère. « Nous allons assurément constater une diminution de la production de fruits et légumes, en particulier pour les légumes cultivés en plein champ. Les pommes de terre, carottes et betteraves sont gravement touchées, tout comme les cultures fruitières. »
S'agissant des céréales, le début des moissons est imminent, « et les récoltes de blé sont prévues pour la semaine prochaine ». Le ministère surveille la situation de près. « La récolte de maïs, prévue pour débuter la semaine suivante, pourrait connaître une baisse de 15 à 30 % par rapport à l'année passée, selon les premières évaluations », avertit une conseillère d'Annie Genevard, tout en renvoyant les agriculteurs aux mesures préfectorales pour les questions d'approvisionnement en eau.
Mortalité en hausse dans les élevages
Les élevages, tout autant qu'les cultures, souffrent de ce stress intense, surtout pour les volailles, très vulnérables à la chaleur extrême. De nombreuses pertes sont rapportées, « notamment dans le grand ouest », particulièrement en Deux-Sèvres. Cette situation engendre un engorgement des centres d’équarrissage, incapables de gérer l'afflux croissant. « Le taux de décomposition rapide des volailles a nécessité l'ouverture de centres d'enfouissement dédiés pour gérer les cadavres non traités », explique le ministère.
La production de lait et d'œufs est également affectée, entraînant une crainte de pénuries imminentes sur les étals. « Bien que nous ne puissions pas encore l'affirmer, la production d’œufs devrait logiquement diminuer », conclut le ministère.
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