Depuis le 15 mai, la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une 17e épidémie d'Ebola qui frappe particulièrement l'est du pays. Selon Bruno Michon, responsable des opérations à la Fédération internationale de la Croix-Rouge, « nous redoutons que cette épidémie ne dure encore un an ». Il a ajouté que « le pic n’est pas derrière nous, mais devant nous », soulignant la gravité de la situation.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une alerte sanitaire internationale le 17 mai. Toutefois, plusieurs organisations expriment des inquiétudes quant à la lenteur de la réponse humanitaire. Les soins et les traitements font face à un vide, étant donné qu’il n’existe ni vaccin ni traitement validé pour cette souche d'Ebola, la souche Bundibugyo, la plus sévère à ce jour.
Les provinces touchées – Ituri, Sud-Kivu et Nord-Kivu – abritent près de 15 millions de personnes. La menace d’un conflit communautaire aggravant la crise sanitaire entraîne des déplacements massifs, facilitant ainsi la propagation de l’épidémie, selon les autorités locales.
En parallèle, le nombre de blessés dû à des violences entre communautés a augmenté de 30 % depuis le début de l'épidémie, comme l'a signalé le Comité international de la Croix-Rouge, pesant encore plus sur un système de santé déjà précaire.
Une épidémie difficile à évaluer
L’Institut national de santé publique congolais indique une hausse continue des cas détectés. « On observe un nombre croissant de cas confirmés chaque semaine, suggérant une transmission active de la maladie », a-t-il déclaré. Selon l'OMS, 808 cas et 192 décès ont été reportés, marquant un taux de létalité de 24 %.
Cependant, Oxfam et Médecins Sans Frontières (MSF) soulignent que ces chiffres minimisent probablement l'ampleur de l’épidémie. Kate White, coordinatrice médicale d’urgence de MSF, a affirmé que « personne ne connaît l’ampleur réelle de l’épidémie » en raison du manque de capacités de diagnostic, doublé par le retrait de financements américains pour la surveillance épidémiologique.
Ce manque de fonds entrave également la mise en place de mesures sanitaires efficaces. L’accès à l’eau potable reste un défi crucial, ce qui complique la gestion des déchets infectieux. De nombreux agents de santé n’ont pas accès à des équipements de protection de base, exacerbant les risques sanitaires.
Rétablir la confiance dans les communautés
Une méfiance généralisée entrave le suivi des cas. Les familles hésitent à communiquer les informations nécessaires, et les soignants craignent pour leur sécurité sur le terrain. « La confiance des communautés est essentielle. Il faut que les citoyens collaborent avec les autorités sanitaires », a insisté le porte-parole de l’OMS.
Bruno Michon a ajouté qu'il est fondamental d'investir dans la santé et la confiance des locaux pour vaincre l’épidémie : « Nous avons besoin de l’engagement des communautés et d'un accès opérationnel au terrain. » Des cas d'agressions envers des volontaires de la Croix-Rouge rapportés récemment illustrent l'urgence de restaurer cette confiance.







