Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a confirmé le 22 mai lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Otan que les alliés européens devront s'adapter à une réalité où il y aura moins de soldats américains sur le continent. Cette annonce précède le sommet crucial de l'Otan prévu en juillet à Ankara.
Marco Rubio a indiqué que, au fil du temps, il y « aurait indéniablement moins de troupes américaines ». Lors de la réunion à Helsingborg, en Suède, il a reconnu que cette réduction pourrait susciter de l'inquiétude parmi les partenaires européens, bien qu'il ait affirmé que cela n'était pas surprenant dans le contexte actuel.
Un réajustement de la stratégie militaire devrait être annoncé par les États-Unis dans les jours à venir, notamment concernant les forces dites « cavalerie », qui peuvent être mobilisées rapidement en cas de besoin. La Maison-Blanche reste sous pression, notamment après l'annonce surprenante du président Trump d’envoyer 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, tout en retirant 5 000 militaires d'Allemagne au début du mois.
Une situation préoccupante
Le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, a souligné à l’AFP que bien que les déclarations de Rubio soient parfois perçues comme déroutantes, elles étaient majoritairement motivées par des considérations internes à la politique américaine. Il a précisé que les alliés doivent gérer ces messages tout en restant sereins.
La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a qualifié la situation actuelle de « déroutante », soulignant la nécessité d’un dialogue clair entre les membres de l’Otan. Les pays européens, tout en acceptant le désengagement progressif des États-Unis, prônent un processus transparent afin d'éviter de nouvelles surprises.
Des perspectives incertaines
Rubio a exprimé des inquiétudes croissantes concernant l’engagement des Européens face aux défis géopolitiques, en particulier à la lumière des tensions entre l'Iran et les États-Unis. Il a précisé qu’un « plan B » pourrait être envisagé, impliquant une action coordonnée entre les pays de l'Otan pour assurer la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, une voie essentielle pour le commerce mondial.
Des navires de guerre européens ont déjà été déployés par Londres et Paris dans cette région stratégique. Alors que les États-Unis demandent à leurs alliés une plus grande prise en charge de leur défense, ceux-ci se préparent à annoncer de nouveaux contrats d'armement, en collaboration avec les États-Unis, espérant satisfaire les attentes de Trump lors du sommet d’Ankara.
Les alliés européens se préparent également à confirmer leur soutien à l’Ukraine lors de cette rencontre, où le président Zelensky sera présent, malgré quelques réticences à investir plus massivement dans les efforts militaires sans les États-Unis.







